Chapelle Saint-Sauveur de Cannes dans les Alpes-Maritimes

Patrimoine classé Patrimoine religieux Chapelle romane

Chapelle Saint-Sauveur de Cannes

  • Île Saint-Honorat
  • 06150 Cannes
Chapelle Saint-Sauveur de Cannes
Chapelle Saint-Sauveur de Cannes
Chapelle Saint-Sauveur de Cannes
Chapelle Saint-Sauveur de Cannes
Chapelle Saint-Sauveur de Cannes
Chapelle Saint-Sauveur de Cannes
Chapelle Saint-Sauveur de Cannes
Chapelle Saint-Sauveur de Cannes
Crédit photo : Florian Pépellin - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une association

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
400
500
600
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1700
1800
1900
2000
400-410
Retrait d'Honorat et Caprais
Ve siècle
Première occupation
VIe siècle
Abandon de la première chapelle
VIIIe siècle
Raid sarrasin
Fin du VIIIe ou début du IXe siècle
Reconstruction de la chapelle
Début du XIe siècle
Construction de la chapelle actuelle
XIIe siècle
Remaniment de la chapelle
1787
Sécularisation de l'abbaye
1869
Restauration de l'abbaye
12 juillet 1886
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle Saint-Sauveur : classement par arrêté du 12 juillet 1886

Personnages clés

Honorat Moine qui s'est retiré sur l'île de Lérina vers 400-410.
Caprais Moine qui s'est retiré sur l'île de Lérina vers 400-410.
Saint Léonce Évêque de Fréjus ayant accordé le retrait d'Honorat et Caprais sur l'île de Lérina.
Saint Porchaire Moine martyr lors d'un raid sarrasin vers 732.
Prosper Mérimée Auteur ayant proposé que la chapelle fût un baptistère.
Jean Alziary de Roquefort Propriétaire de l'île et du monastère achetés en 1791.
Marie-Blanche dite Sainval Actrice et fille de Jean Alziary de Roquefort, propriétaire de l'île et du monastère.
Jean-Louis Sicard Propriétaire de l'île et du monastère.
Révérend Henry Belmont Smith Propriétaire de l'île et du monastère.
Mgr Henri Jordany Évêque de Fréjus ayant racheté l'île et le monastère en 1859.

Origine et histoire de la Chapelle Saint-Sauveur

La chapelle Saint-Sauveur se situe sur l'île Saint-Honorat, dans la baie de Cannes, et dépend de la commune de Cannes, dans les Alpes-Maritimes. Elle fait partie des sept chapelles de l'abbaye de Lérins sur l'île, dont six subsistent : Saint-Pierre, Saint-Caprais, Saint-Michel, Saint-Porcaire, Saint-Sauveur et la Trinité. Placée au nord-ouest de l'île, elle se trouve au milieu des champs d'oliviers, non loin du débarcadère.

Honorat et Caprais se sont retirés sur l'île de Lérina vers 400-410 avec l'accord de l'évêque de Fréjus, saint Léonce. Les fouilles montrent que le site est occupé depuis le Ve siècle ; la première chapelle correspondait à l'organisation du coenobium de l'Antiquité tardive. Les textes de l'époque évoquent la coexistence d'une structure monumentale communautaire et d'aménagements destinés à une vie plus solitaire, comme l'attestent les écrits d'Eucher et de Sidoine Apollinaire. Cette première chapelle était un bâtiment rectangulaire d'environ 7 mètres de longueur, doté d'une abside semi-circulaire, et elle a été abandonnée au VIe siècle.

La nef a ensuite été prolongée vers l'ouest et une banquette maçonnée entourait probablement l'édifice, ce qui laisse supposer un lieu de réunion, peut-être à caractère funéraire. Dans un troisième état, la présence d'un dépotoir dans la chapelle indique son abandon par les moines ; la découverte d'une pièce d'Al-Andalus permet de rattacher cet état au VIIIe siècle et au martyre de saint Porchaire et des moines de Lérins lors d'un raid sarrasin vers 732. Des moines reviennent à la fin du VIIIe ou au début du IXe siècle et reconstruisent une nouvelle chapelle sur l'emplacement de l'ancienne, alors ruinée.

La chapelle actuelle, à plan centré octogonal, est dédiée au Saint-Sauveur, culte qui s'est développé à l'époque carolingienne sous l'influence de Rome ; il est possible qu'elle ait participé à une liturgie stationnale. Prosper Mérimée a proposé qu'elle fût un baptistère, mais les fouilles de 1948 n'ont pas révélé de cuve baptismale, et il est plus probable que l'édifice ait été un martyrium. La chapelle date probablement du début du XIe siècle ; sa voûte en étoile est attribuée à une phase de construction ou de remaniement plus tardive, probablement au XIIe siècle.

Architecturalement, la chapelle a un plan octogonal d'environ 8 mètres de diamètre ; six pans de l'octogone sont percés de niches semi-circulaires, le pan oriental ouvre sur une abside et la porte en plein cintre se situe en vis-à-vis de celle-ci. La couverture est formée d'une voûte en blocage aux arêtes rayonnantes.

L'abbaye a été sécularisée en 1787 au profit de l'évêque de Grasse, alors que la communauté ne comptait plus que quatre moines. L'île et le monastère ont ensuite changé de propriétaires à plusieurs reprises : achetés en 1791 par Jean Alziary de Roquefort, ils ont été détenus par sa fille, l'actrice Marie-Blanche dite Sainval, puis par Jean-Louis Sicard, puis par le révérend Henry Belmont Smith, avant d'être rachetés en 1859 par Mgr Henri Jordany, évêque de Fréjus, qui les acquit pour 55 000 francs. L'abbaye a fait l'objet de travaux de restauration à partir de 1869.

La chapelle Saint-Sauveur est classée au titre des monuments historiques depuis le 12 juillet 1886.

Liens externes