Frise chronologique
vers 1530
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
vers 1530 (≈ 1530)
Édifice érigé le long d’un chemin muletier.
XVIe siècle
Réalisation des peintures
Réalisation des peintures
XVIe siècle (≈ 1650)
Fresques attribuées à un artiste anonyme.
1914
Restauration partielle
Restauration partielle
1914 (≈ 1914)
Badigeon appliqué sur les murs latéraux.
21 février 2001
Classement monument historique
Classement monument historique
21 février 2001 (≈ 2001)
Protection officielle de l’édifice et de ses décors.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. D 603) : classement par arrêté du 21 février 2001
Personnages clés
| Saint Sébastien - Saint patron et martyr |
Protège contre la peste et les travaux agricoles. |
| Sainte Ursule - Sainte martyre représentée |
Figure sur le chevet avec palme et livre. |
| Sainte Lucie - Sainte martyre représentée |
Portant ses yeux sur un plateau. |
| Peintre anonyme - Auteur des fresques |
Rattaché aux peintres primitifs niçois. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Sébastien de Coaraze est un édifice catholique construit vers 1530, situé dans le département des Alpes-Maritimes, sur la commune de Coaraze, à 1,5 km du village. Elle se trouve le long d’un ancien chemin muletier reliant Nice à la vallée de la Vésubie, un axe historique majeur pour les échanges et les déplacements dans le comté de Nice. Comme beaucoup de chapelles de la région, elle fut érigée à l’entrée des bourgs pour protéger les habitants des épidémies de peste, une menace récurrente à l’époque moderne. Son architecture simple, de plan rectangulaire à chevet plat, reflète son rôle utilitaire et dévotionnel.
La chapelle est ornée de peintures murales du XVIe siècle, attribuées à un artiste anonyme rattaché aux peintres primitifs niçois. Ces fresques, exécutées à la demi-fresque, représentent des scènes du martyre de saint Sébastien (le saint percé de flèches, entouré d’archers en costumes Renaissance) ainsi que des figures de saintes Ursule et Lucie sur le chevet. La voûte en berceau brisé arbore une mandorle avec Dieu le Père, entourée de motifs Renaissance en trompe-l’œil (caissons, rinceaux, palmettes). Deux panneaux du mur sud, épargnés par un badigeon appliqué en 1914, illustrent des épisodes de la légende du saint : le transport et l’inhumation de son corps.
Saint Sébastien, particulièrement vénéré dans le comté de Nice, était invoqué contre la peste mais aussi pour protéger les travaux domestiques et agricoles, essentiels à la survie des communautés rurales. La chapelle, restaurée au début du XXe siècle, a été classée monument historique le 21 février 2001 pour la rareté de ses décors et leur témoignage sur l’art religieux local. Les peintures, bien que partiellement altérées, offrent un exemple remarquable de l’influence italienne dans la région, mêlant symbolisme chrétien et esthétique Renaissance.
Les sources historiques, comme les travaux de Paul Roque ou Germaine-Pierre Leclerc, soulignent son appartenance à un réseau de chapelles votives niçoises, souvent situées sur des axes de circulation. Ces édifices, modestes par leur taille, jouaient un rôle social et spirituel clé, marquant les limites des villages et servant de points de rassemblement lors de processions ou d’épidémies. Leur iconographie, centrée sur les saints protecteurs, reflétait les craintes et les espoirs des populations rurales de l’époque moderne.
Le site est aujourd’hui propriété de la commune de Coaraze et reste un témoignage précieux de l’art sacré et de la piété populaire dans les Alpes-Maritimes. Les fresques, bien que partiellement effacées, continuent d’attirer l’attention pour leur style naïf et leur valeur documentaire, illustrant la dévotion locale et les échanges culturels entre Nice et l’Italie voisine au XVIe siècle.