Origine et histoire de la Chapelle Saint-Sébastien
La chapelle Saint-Sébastien, située à Dambach-la-Ville dans le Bas-Rhin, est l’ancienne église paroissiale du village disparu d’Oberkirch, mentionné dès 1285. Son déclin débuta en 1340 avec l’ascension de Dambach comme ville épiscopale, puis fut scellé en 1356 par l’évêque Jean II de Lichtenberg, qui ordonna le transfert des offices à l’église Saint-Étienne. Malgré cela, le site resta un lieu de pèlerinage, passé sous le contrôle de l’abbaye de Dachstein (1356), puis de la cathédrale de Strasbourg (1359), avant d’être cédé aux Hospices civils de Strasbourg au XVe siècle.
En 1480, le pape Innocent VIII supprima les vicariats d’Oberkirch, marquant une nouvelle étape de son histoire. À la Révolution, la chapelle fut confisquée et vendue aux enchères en 1792. Acquise collectivement par 32 villageois partisans du curé Zaepffel (refusant le serment constitutionnel), elle devint la propriété d’une confrérie toujours active aujourd’hui. Endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut restaurée grâce à des fonds publics et privés, avant d’être rouverte en 1962.
L’architecture de la chapelle reflète son histoire mouvementée : un clocher roman du XIIe siècle, une nef et un chevet gothiques (XIVe–XVe siècles), une sacristie Renaissance (XVIIe siècle), et un autel baroque (1690–1692) sculpté par les frères Winterhalter et Johannes Beyer. Le site abrite aussi un ossuaire mystérieux, lié par la légende à la révolte des Rustauds (1525), et une Croix miraculeuse de 1687. La confrérie Saint-Sébastien, association de droit local alsacien-mosellan, en assure la conservation depuis 1792.
Classée monument historique en 1921, la chapelle domine le vignoble du Frankstein, offrant une vue exceptionnelle sur la plaine d’Alsace, la Forêt-Noire et, par temps clair, la flèche de la cathédrale de Strasbourg. Son parvis, point de vue privilégié, en fait un lieu à la fois spirituel et touristique, ancré dans le paysage et l’histoire locale.
Le mobilier intérieur inclut des statues médiévales (Vierge à l’Enfant, XVe siècle), des reliquaires (saint Sébastien, XVIe siècle), et des œuvres baroques comme saint Urbain (XVIIe–XVIIIe siècles). Les six bras de lumière en bois ornant la nef, ainsi que la clef de voûte polychrome du chœur (visage du Christ), témoignent de la richesse artistique du lieu. La pierre d’autel romane, réutilisée pour l’autel baroque, symbolise la continuité liturgique à travers les siècles.