Origine et histoire de la Chapelle Saint-Sébastien
La chapelle Saint-Sébastien, située au lieu-dit « Saint-Sébastien » sur la commune du Faouët (Morbihan), a été construite à partir de 1598, comme en témoigne une inscription gravée sur le mur nord. Son édification coïncide avec la fin de l’épidémie de peste de 1598, suggérant un ex-voto collectif pour remercier saint Sébastien, protecteur contre la maladie. Le chanoine Jean Moreau évoque cette épidémie dans ses Mémoires des guerres de la Ligue en Bretagne, liant ainsi l’histoire de la chapelle à un contexte sanitaire et religieux marqué.
La construction a bénéficié du soutien de Jean Pouliquin, gouverneur et recteur, ainsi que du seigneur de Coatquenven, dont le manoir était proche. Les armes de la famille Le Provost (seigneurs de Coatquenven) ornaient autrefois les vitraux et la façade, mais n’ont subsisté que partiellement. En 1608, l’artisan Gabriel Brenier achève les sablières sculptées, ornées de scènes profanes et religieuses, dont une sarabande diabolique et le martyre de saint Sébastien. Ces bas-reliefs offrent un témoignage précieux des costumes aristocratiques du début du XVIIe siècle.
En 1682, Nicolas-François du Fresnay, baron du Faouët, revendique des droits de prééminence sur la chapelle, où ses armes figuraient en position dominante dans les vitraux. Classée monument historique en 1934, la chapelle se distingue par son chevet à pignons multiples, inspiré du style Beaumanoir, et sa charpente lambrissée en berceau. Son mobilier inclut une poutre de gloire et un retable, mais c’est surtout le décor des sablières, mêlant symboles religieux et scènes populaires, qui en fait un édifice unique.
Architecturalement, la chapelle adopte un plan en croix latine, avec des contreforts angulaires surmontés de pinacles et de gargouilles. Le chevet, typique du gothique flamboyant breton, et les portes moulurées reflètent une transition stylistique entre Moyen Âge et Renaissance. Les sablières, sculptées entre 1600 et 1608, illustrent des thèmes variés : un goupil attaqué par des poules, une chasse aux sangliers, ou saint Martin baptisant un catéchumène, révélant une iconographie à la fois morale et satirique.