Frise chronologique
Xe siècle
Première mention écrite
Première mention écrite
Xe siècle (≈ 1050)
Paroisse citée dans le cartulaire de Savigny
1364
Massacre des Tard-Venus
Massacre des Tard-Venus
1364 (≈ 1364)
Pillage et incendie par les mercenaires
1365
Réconciliation de la chapelle
Réconciliation de la chapelle
1365 (≈ 1365)
Cérémonie après profanation par Guillaume Beci
1792
Rachat par les paroissiens
Rachat par les paroissiens
1792 (≈ 1792)
Sauvegarde comme bien national pendant la Révolution
17 août 1945
Classement monument historique
Classement monument historique
17 août 1945 (≈ 1945)
Protection officielle de l'édifice
1956
Restauration majeure
Restauration majeure
1956 (≈ 1956)
Retour à l’aspect roman originel
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Vincent : classement par arrêté du 17 août 1945
Personnages clés
| Urbain V - Pape |
Ordonna la réconciliation en 1365 |
| Guillaume Beci - Curé de Saint-Genis-Laval |
Célébra la réconciliation en 1365 |
| Seguin de Badefol - Chef des Tard-Venus |
Responsable du massacre de 1364 |
| Curé Peyzaret - Prêtre réfractaire |
Célébra des messes clandestines pendant la Révolution |
| Auguste Labouret - Maître verrier |
Créa les vitraux en 1956 |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Vincent, située sur une colline culminant à 480 m d’altitude à Saint-Laurent-d'Agny (Rhône), est un lieu de culte aux origines multiséculaires. Le site, occupé dès le néolithique comme en témoignent les mégalithes environnants, fut ensuite investi par les Celtes Ségusiaves, puis les Romains avant l’ère chrétienne. Une église carolingienne y est supposée au Xe siècle, bien qu’aucune preuve écrite ne le confirme. La chapelle actuelle, construite au XIe siècle et dédiée à saint Vincent de Saragosse, patron des vignerons, fut citée dans le cartulaire de l’abbaye de Savigny au Xe siècle.
Au XIIe siècle, la chapelle devient une paroisse annexe de Saint-Laurent-d'Agny, après avoir été rétrogradée au statut de simple chapelle. Pendant la Guerre de Cent Ans, en 1364, elle fut le théâtre d’un massacre perpétré par les Tard-Venus, des mercenaires dirigés par Seguin de Badefol. Les habitants, réfugiés dans l’édifice, furent pillés, violés et massacrés, et le clocher incendié. Le pape Urbain V ordonna sa réconciliation en 1365, célébrée par le curé Guillaume Beci de Saint-Genis-Laval. Le clocher fut reconstruit, mais la chapelle perdit de son importance cultuelle, ne servant plus que pour quelques offices.
Lors de la Révolution française, la chapelle fut vendue comme bien national en 1792, puis rachetée par 27 paroissiens qui la rendirent au culte. Elle abritait alors des messes clandestines célébrées par des prêtres réfractaires, comme le curé Peyzaret. Classée monument historique en 1945 et restaurée en 1956, elle retrouva son aspect roman d’origine, avec une voûte en berceau, une coupole et des vitraux créés par Auguste Labouret. Aujourd’hui, le site attire aussi bien des amateurs d’art roman que des pèlerins ou des géobiologues, fascinés par son harmonie architecturale et son histoire mystique.
La chapelle conserve des traces de son passé païen et chrétien, comme des croix celtiques réemployées, un tilleul classé, et des statues remarquables, dont une Vierge du XVe siècle classée, Notre Dame de Bonne Garde, et une statue reliquaire de saint Vincent du XVIIe siècle. Le lieu est aussi associé à des traditions populaires, comme la divination des jeunes filles lors de la fête de saint Vincent, le 22 janvier. Son architecture, respectant le nombre d’or, en fait un espace propice à la méditation, tandis que son histoire tumultueuse en a fait un symbole de résistance et de foi.