Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Abside et absidioles romanes édifiées.
XIVe siècle
Hypothèse de construction
Hypothèse de construction
XIVe siècle (≈ 1450)
Possible édification sur site païen.
8 mai (jusqu'en 1840)
Pèlerinage annuel
Pèlerinage annuel
8 mai (jusqu'en 1840) (≈ 1840)
Célébration en l’honneur de sainte Agathe.
1944
Occupation par le maquis
Occupation par le maquis
1944 (≈ 1944)
Lieu de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
29 octobre 1971
Classement monument historique
Classement monument historique
29 octobre 1971 (≈ 1971)
Inscription à l’inventaire des MH.
Années 2000
Rénovation
Rénovation
Années 2000 (≈ 2000)
Ajout d’une table d’orientation panoramique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. C 448) : inscription par arrêté du 29 octobre 1971
Personnages clés
| Sainte Agathe - Figure légendaire locale |
Bergère associée à des miracles et cultes. |
| Alain-Fournier - Écrivain (1886–1914) |
Inspiré par la chapelle pour *Le Grand Meaulnes*. |
| Maurice Piboule - Archéologue |
A étudié le site dans *Études archéologiques* (1989). |
Origine et histoire
La chapelle Sainte-Agathe, située à 2,5 km à l’est du bourg de Saint-Désiré (Allier, Auvergne-Rhône-Alpes), est un édifice roman du XIIe siècle construit en grès rose. Elle se compose d’une nef unique terminée par une abside en hémicycle flanquée de deux absidioles, surmontée d’un clocher quadrangulaire. À l’intérieur, une statue en bois polychrome de sainte Agathe témoigne d’un ancien pèlerinage annuel célébré le 8 mai jusqu’en 1840, aujourd’hui commémoré par un repas communautaire. Le site, isolé sur une butte à 355 m d’altitude, offre un panorama étendu jusqu’à la chaîne des Puys par temps clair.
Les origines de la chapelle sont liées à des cultes païens antérieurs. Elle aurait été érigée au XIVe siècle (ou possiblement dès le XIIe pour certaines parties) sur un ancien site païen appelé Mont Lubin (« Mont Lumineux »), où se déroulaient des rassemblements liés à la sorcellerie. Christianisé, le lieu conserve des légendes associant sainte Agathe, jeune bergère locale, à des miracles (transport de pierres, source jaillissante après sa mort). Une autre légende similaire existe à Néris-les-Bains, à 30 km au sud, où la sainte est aussi liée à une fontaine et à la protection des troupeaux. Le toponyme Mont Lubin aurait été déplacé vers une colline voisine pour contrer les processions païennes.
La chapelle, occupée par le maquis en 1944, a inspiré Alain-Fournier pour son roman Le Grand Meaulnes (1913). Bien que l’auteur ne s’y soit jamais rendu, la silhouette de la chapelle, visible depuis son village natal d’Épineuil-le-Fleuriel, a nourri son imaginaire. Le site a aussi servi de décor pour le film Le Grand Meaulnes (1967), notamment pour la scène du mariage. Classée monument historique en 1971, la chapelle a été rénovée dans les années 2000, avec l’ajout d’une table d’orientation pour mettre en valeur son panorama exceptionnel.
Architecturalement, la chapelle allie des éléments romans (abside et absidioles du XIIe siècle) à des rénovations ultérieures (façade et clocheton). Son grès rose, typique de la région, lui confère une teinte distinctive. Le pèlerinage du 8 mai, mêlant culte chrétien et traditions païennes liées à l’eau, a perduré jusqu’au début du XXe siècle. Aujourd’hui, le site reste un lieu de mémoire pour les habitants, associant patrimoine religieux, légendes locales et histoire littéraire.
Les sources archéologiques et historiques soulignent l’importance du Mont Lubin comme haut lieu mythique, possiblement lié au dieu gaulois Lug. Les fouilles et études, comme celles de Maurice Piboule (1989), mettent en lumière son rôle dans les pratiques cultuelles depuis l’Antiquité. La chapelle, propriété communale, est un exemple remarquable d’adaptation chrétienne d’un site païen, illustrant la superposition des croyances à travers les siècles.