Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré dans l'Allier

Patrimoine classé Patrimoine religieux Chapelle romane

Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré

  • Artère
  • 03370 Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
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Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Chapelle Sainte-Agathe de Saint-Désiré
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1900
2000
XIIe siècle
Construction de l'abside
1944
Occupation par le maquis
1971
Inscription monument historique
Années 2000
Restauration récente
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle (cad. C 448) : inscription par arrêté du 29 octobre 1971

Personnages clés

Sainte Agathe Sainte associée à la chapelle et à des légendes locales.
Alain-Fournier Écrivain inspiré par la chapelle pour son œuvre Le Grand Meaulnes.

Origine et histoire de la Chapelle Sainte-Agathe

La chapelle Sainte-Agathe se dresse sur la commune de Saint-Désiré, dans le département de l'Allier, à environ 2,5 km à l'est du bourg, isolée sur une butte à 355 m d'altitude. Le GR 41 traverse le site et, par temps clair, la vue offre au sud‑est la chaîne des Puys. Petite construction en grès rose de Saulzais‑le‑Potier, l'édifice comporte une nef unique couverte d'une voûte en plein cintre en plâtre sur lattis et se termine à l'est par une abside hémisphérique flanquée de deux absidioles. L'abside et les absidioles sont voûtées en pierre en cul‑de‑four. Au‑dessus de la travée occidentale s'élève un clocher quadrangulaire surmonté d'une flèche de pierre. À l'intérieur, une statue en bois polychrome de sainte Agathe témoigne de la pratique d'un pèlerinage local. Un pèlerinage annuel le 8 mai est mentionné dans les sources ; il a été célébré jusqu'en 1840 selon certains documents et aurait perduré localement jusqu'au début du XXe siècle, tout en restant commémoré par un repas communautaire. Les origines de la chapelle sont entourées d'incertitudes : l'abside et les absidioles pourraient remonter au XIIe siècle, tandis que le reste de l'édifice semble relever d'une réalisation postérieure suivant les principes romans. La façade et le clocheton ont été remaniés à une époque ultérieure. Le site porte le souvenir d'une occupation ancienne et d'une christianisation d'un lieu de culte antérieur, désigné dans la tradition sous le nom de « Mont Lubin », peut‑être issu de « Mont Lumineux », réputé visible de loin. Des traditions locales associent ce sommet à des pratiques païennes et à des sabbats, réinterprétés lors de la christianisation. Une légende rapporte qu'une jeune bergère, identifiée localement à sainte Agathe, aurait transporté chaque jour des pierres pour la construction de la chapelle et accompli des miracles en faveur d'un seigneur, puis aurait été enterrée au point où les bœufs traînant son corps se seraient arrêtés ; une source aurait jailli à cet endroit, reliant la sainte au culte de l'eau. Il est aussi envisagé que la figure locale de sainte Agathe soit une adaptation régionale de la sainte martyre sicilienne, hypothèse qui n'a pas été vérifiée. Une légende similaire existe à Néris‑les‑Bains, à une trentaine de kilomètres au sud, où sainte Agathe est aussi associée à une fontaine et à la protection des troupeaux. Certains auteurs rapprochent le toponyme « Mont Lubin » d'une racine pouvant évoquer le dieu gaulois Lug, mais ces rapprochements restent hypothétiques. Durant la Seconde Guerre mondiale, la chapelle a été occupée par le maquis en 1944. Elle a été inscrite au titre des monuments historiques en 1971. L'édifice a inspiré Alain‑Fournier, qui n'y a pourtant jamais été ; la chapelle et sa colline, visibles depuis Épineuil‑le‑Fleuriel, ont marqué son imaginaire et le nom Sainte‑Agathe apparaît dans Le Grand Meaulnes. Le paysage et la chapelle ont servi de décors pour certaines scènes du film Le Grand Meaulnes (1966‑1967). Des travaux de restauration ont été menés dans les années 2000, incluant la pose d'une table d'orientation pour mettre en valeur le panorama. L'emploi du grès rose confère à la construction sa teinte caractéristique et témoigne des matériaux locaux.

Liens externes