Origine et histoire de la Chapelle Sainte-Anne
La chapelle Sainte-Anne, aussi appelée chapelle Saint-Buc, est un édifice religieux catholique situé au Minihic-sur-Rance, en Ille-et-Vilaine. Reconstruite en 1660 à l’initiative des propriétaires du manoir de Saint-Buc, elle remplace une ancienne chapelle dont subsiste une cloche datée de 1631. De plan rectangulaire, elle se distingue par son clocheton carré surmonté d’un dôme et son oculus en façade. Propriété municipale depuis 1988, elle a été restaurée après des décennies de dégradation, puis inscrite aux monuments historiques en 1982.
La chapelle était à l’origine une dépendance privée du manoir de Saint-Buc, servant de lieu de culte pour les seigneurs locaux et la population. En 1676, Michel Lucas y institua par testament une messe hebdomadaire. Au XXe siècle, son usage se limita aux fêtes patronales de Sainte-Anne (26 juillet) et Saint-Joseph (19 mars). Depuis sa restauration, elle accueille des expositions, concerts et conférences estivales, animées par l’Association de la Chapelle Saint Buc.
L’intérieur abrite un retable des XVIIe–XVIIIe siècles, orné de statues en terre cuite du XIXe siècle et d’une Descente de Croix inspirée d’Annibale Carrache. Les lambris du chœur, commandés en 1788 par les Hay, armateurs malouins, témoignent de l’influence des élites locales. La chapelle conserve aussi une cloche de 1631, un autel en granit fin et des vitraux modernes signés Louis-René Petit. Deux pèlerinages annuels perpétuent sa vocation religieuse.
Le site, situé à l’angle de la D114 et de la rue Sainte-Anne, face au manoir de Saint-Buc, illustre l’architecture religieuse bretonne du XVIIe siècle. Son enclos, typique des chapelles rurales, en fait un exemple remarquable du patrimoine culturel d’Ille-et-Vilaine. La municipalité et l’association locale œuvrent à sa préservation, tout en en faisant un lieu de vie culturelle, notamment lors des Journées du Patrimoine.
Louis-Joseph Lebret, économiste et prêtre dominicain né au Minihic, y célébrait ses messes lors de ses séjours. Ce lien avec une figure intellectuelle du XXe siècle ajoute une dimension historique et sociale à la chapelle, au-delà de son rôle religieux. Aujourd’hui, son ouverture estivale et ses animations en font un pôle attractif pour les visiteurs et les habitants.
La chapelle Sainte-Anne incarne ainsi la dualité entre patrimoine sacré et espace culturel, tout en restant ancrée dans la mémoire collective locale. Son inscription aux monuments historiques et sa gestion associative garantissent sa transmission aux générations futures, tout en valorisant l’histoire religieuse et architecturale de la Bretagne.