Frise chronologique
XIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
XIe siècle (≈ 1150)
Nef initiale non voûtée, partie la plus ancienne.
3e quart du XIIe siècle
Édification de l'abside
Édification de l'abside
3e quart du XIIe siècle (≈ 1262)
Abside semi-circulaire et renforcements intérieurs.
1641
Réparations et dons
Réparations et dons
1641 (≈ 1641)
Financement par Martine Fain et Jean Buyère.
1661
Agrandissement de la nef
Agrandissement de la nef
1661 (≈ 1661)
Ajout d’une travée et autels latéraux.
17 juillet 1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
17 juillet 1926 (≈ 1926)
Inscription avec son cimetière.
1982-1983
Restauration complète
Restauration complète
1982-1983 (≈ 1983)
Dirigée par Francesco Flavigny.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Sainte-Anne et son cimetière : inscription par arrêté du 17 juillet 1926
Personnages clés
| Martine Fain - Donatrice |
Finança des réparations en 1641 et 1644. |
| Jean Buyère - Greffier et donateur |
Époux de Martine Fain, impliqué en 1661. |
| Francesco Flavigny - Architecte en chef |
Dirigea la restauration de 1982-1983. |
| Poncius - Tâcheron ou artisan |
Signature gravée sur une chaîne d’angle. |
Origine et histoire
La chapelle Sainte-Anne du Pègue est un édifice roman situé dans le cimetière de la commune du Pègue, dans le département de la Drôme (Auvergne-Rhône-Alpes). Elle constitue le dernier vestige d’un couvent, érigé sur l’emplacement d’un temple romain, au centre présumé de l’ancienne cité d’Alétanum. Son architecture mêle des éléments antiques réemployés (colonnes, chapiteaux corinthiens en marbre, fragments d’inscriptions) et des caractéristiques romanes, comme une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four et une nef à berceau en plein cintre. La chapelle, initialement dédiée à Notre-Dame-d’Auton (ou Saint-Menne), adopte son vocable actuel au XVIIe siècle, après des agrandissements liés aux guerres de Religion.
La construction de la chapelle remonte au XIe siècle pour la nef (à l’origine non voûtée), tandis que l’abside et les renforcements intérieurs datent du 3e quart du XIIe siècle, comme l’attestent les marques de tâcherons et les similitudes avec des églises voisines. Au XVIIe siècle, la chapelle, devenue église paroissiale après la destruction des autres édifices locaux, est allongée d’une travée pour accueillir deux autels latéraux (Notre-Dame de Pitié et Sainte-Anne). Deux dates gravées, 1641 et 1661, marquent des réparations financées par des donateurs locaux, comme Martine Fain, épouse de Jean Buyère.
L’édifice conserve des traces de son passé antique, avec des colonnes en granite et des chapiteaux romains intégrés à l’arc triomphal. Son chevet, en pierre de taille, est surmonté d’une frise de dents d’engrenage et d’une corniche supportant une toiture de lauze. Un clocher-mur à baie campanaire, coiffé d’une croix en fer forgé, domine la nef. Classée Monument Historique en 1926 avec son cimetière, la chapelle a été restaurée en 1982-1983 sous la direction de l’architecte Francesco Flavigny.
Le site archéologique environnant, incluant des sarcophages et une mosaïque découverte en 1875 (aujourd’hui disparue), confirme l’importance d’Alétanum comme cité gallo-romaine. La chapelle, propriété communale, illustre la superposition des époques : lieu de culte païen, édifice chrétien médiéval, et symbole de résilience pendant les conflits religieux. Son inscription au titre des monuments historiques souligne sa valeur patrimoniale, à la fois architecturale et historique.