Frise chronologique
1554
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1554 (≈ 1554)
Début de la construction par la famille Lestrelin.
1557
Achèvement des sablières
Achèvement des sablières
1557 (≈ 1557)
Inscription des noms des artisans sur les poutres.
1727
Foudre sur le clocher
Foudre sur le clocher
1727 (≈ 1727)
Destruction partielle remplacée par une flèche.
28 mai 1932
Classement monument historique
Classement monument historique
28 mai 1932 (≈ 1932)
Protection de l’édifice par l’État.
2004-2006
Restauration complète
Restauration complète
2004-2006 (≈ 2005)
Reconstruction des vitraux et consolidation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Sainte-Avoye (cad. ZX 39) : classement par arrêté du 28 mai 1932
Personnages clés
| Famille Lestrelin - Commanditaires |
Propriétaires du château de Kerisper, financèrent la chapelle. |
| Yves Le Thominec - Curé de Pluneret |
Supervisa la construction en 1554-1557. |
| Pierre Blanchart - Maître maçon |
Artisan mentionné sur les sablières. |
| Henri Le Meilleur - Maître charpentier |
Responsable de la charpente en 1557. |
| Bizeul - Sculpteur du jubé |
Auteur du jubé Renaissance classé. |
Origine et histoire
La chapelle Sainte-Avoye, située dans le village de Sainte-Avoye à Pluneret (Morbihan), a été construite au XVIe siècle par la famille Lestrelin, propriétaires du château voisin de Kerisper. Elle servait de chapelle seigneuriale, comme en témoignent les armoiries familiales (quatre canards) gravées sur le fauteuil seigneurial, partiellement effacées pendant la Révolution. Son clocher, initialement utilisé comme vigie pour contrôler le trafic sur la rivière du Bono, fut endommagé par la foudre en 1727, puis restauré avec une flèche en charpente.
L’intérieur de la chapelle se distingue par son sol en terre battue mélangée à de la chaux, une rareté, et sa voûte en forme de carène de navire renversée. Les sablières sculptées, datant de 1557, portent une inscription relatant la pose de la première pierre en 1554 et les noms des artisans : Yves Le Thominec (curé), Pierre Blanchart (maçon) et Henri Le Meilleur (charpentier). Le jubé Renaissance en chêne polychrome, classé en 1907, représente les Douze Apôtres et les sept vertus théologales.
La chapelle a subi plusieurs restaurations, notamment après des dégâts causés par des tempêtes (1746 pour les vitraux, 1987 pour le clocher) et une rénovation complète entre 2004 et 2006. Elle abrite aussi une statue de sainte Avoye du XVIe siècle, classée en 1944. L’édifice, propriété de la commune, est classé monument historique depuis le 28 mai 1932.
Architecturalement, la chapelle mêle influences Renaissance et locales, avec un chevet orné d’une verrière plein cintre, une porte sud à pilastres, et une tourelle polygonale donnant accès au jubé. Les entraits sculptés et les engoulants ajoutent à son caractère remarquable. Son clocher, aujourd’hui surmonté d’un campanile, conserve les traces de son escalier et de ses contreforts d’origine.
La chapelle illustre le rôle des familles nobles bretonnes dans la construction d’édifices religieux au XVIe siècle, combinant fonctions spirituelles (culte de sainte Avoye) et pratiques (surveillance fluviale). Son jubé, exceptionnel par sa conservation et son iconographie, en fait un témoignage majeur de l’art religieux de la Renaissance en Bretagne.