Frise chronologique
1257
Première mention de propriété
Première mention de propriété
1257 (≈ 1257)
Appartient aux voués de Hombourg-Haut.
1338
Attestation écrite
Attestation écrite
1338 (≈ 1338)
Citée par l’évêque Adhémar de Monteil.
XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Édification de la nef et du chœur gothique.
XIVe–XVe siècles
Remaniements majeurs
Remaniements majeurs
XIVe–XVe siècles (≈ 1550)
Modifications architecturales significatives.
1684
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire
1684 (≈ 1684)
Passe aux barons von der Leyen.
1793
Confiscation révolutionnaire
Confiscation révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Saisie comme bien national.
14 septembre 1937
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
14 septembre 1937 (≈ 1937)
Inscription officielle.
1946
Acquisition par les houillères
Acquisition par les houillères
1946 (≈ 1946)
Devenue propriété industrielle.
1969
Rachat par la ville
Rachat par la ville
1969 (≈ 1969)
Forbach l’acquiert pour un franc.
1978
Début des restaurations
Début des restaurations
1978 (≈ 1978)
Travaux menés par la ville et une association.
24 novembre 1978
Découverte de la tombe
Découverte de la tombe
24 novembre 1978 (≈ 1978)
Niche céphalique attribuée à Alice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Sainte-Croix située sur la Kreuzberg : inscription par arrêté du 14 septembre 1937
Personnages clés
| Adhémar de Monteil - Évêque de Metz |
Mentionne la chapelle en 1338. |
| Alice de Forbach (Alice de Werd) - Noble légendaire |
Fondatrice présumée, enterrée sur place. |
| Comtesse Marianne Camasse - Propriétaire au XVIIIe siècle |
Épouse de Christian IV de Deux-Ponts. |
| Famille de Wendel - Acquéreurs en 1824 |
Propriétaires avant les houillères. |
Origine et histoire
La chapelle Sainte-Croix, érigée au XIIIe siècle sur le mont Sainte-Croix (Kreuzberg) à l’est de Forbach (Moselle), est un édifice catholique dominant la boutonnière du Warndt. Elle fait partie du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle entre Sarre et Metz. Son architecture, de type chapelle-halle, combine une nef carrée en grès du XIIIe siècle et un chœur gothique ajouré de fenêtres, partiellement muré. À l’intérieur, un tympan du XIIIe siècle représente le Christ en croix. Des traces de remaniements aux XIVe–XVe siècles et des dégradations pendant la guerre de Trente Ans marquent son histoire.
La chapelle est mentionnée dès 1338 dans une lettre de l’évêque de Metz Adhémar de Monteil comme capella sancta crucis juxta Forbachum. Propriété des voués de Hombourg-Haut dès 1257, elle passe aux mains des barons von der Leyen en 1684, puis à la comtesse Marianne Camasse (épouse de Christian IV de Deux-Ponts) avant d’être confisquée en 1793 pendant la Révolution. Les statues, cachées par les locaux, échappent aux destructions. Rachatée par la famille de Wendel en 1824, elle devient propriété des houillères de Lorraine en 1946, puis de la ville de Forbach en 1969 pour un franc symbolique. Restaurée à partir de 1978, elle est classée Monument Historique depuis 1937.
Une légende locale attribue sa fondation à Alice de Forbach (ou Alice de Werd), noble du XIIIe siècle. Prise de remords après avoir provoqué la mort de deux prétendants en duel, elle se retire sur le mont Sainte-Croix pour y construire un oratoire. Enterrée au pied de l’autel, sa tombe — une niche céphalique taillée dans le roc, découverte en 1978 — alimenta une vénération populaire, bien qu’Alice n’ait jamais été canonisée. La chapelle abrite aussi des calvaires et croix de chemin des époques variées.
L’édifice révèle une origine obscure : peut-être une maison forte du XIIIe siècle ou une dépendance d’un château. Son chœur, postérieur à la nef, date de la seconde moitié du XIIIe siècle. Les pierres de grès, marquées de trous de levage, et les joints au mortier témoignent de techniques médiévales. Après des siècles de transformations et d’abandons, sa restauration récente a préservé ce patrimoine emblématique du Grand Est.