Frise chronologique
fin XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XVe siècle (≈ 1595)
Chapelle érigée en style gothique flamboyant.
XVIe siècle
Léproserie voisine
Léproserie voisine
XVIe siècle (≈ 1650)
Destruite pendant la guerre de Trente Ans.
1710
Déclin de la chapelle
Déclin de la chapelle
1710 (≈ 1710)
Suppression des arquebusiers de Saint-Antoine.
1758
Création d’un ermitage
Création d’un ermitage
1758 (≈ 1758)
Par l’évêque de Metz pour son entretien.
1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1794 (≈ 1794)
Transformée en atelier de tissage par Joubert.
1980
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1980 (≈ 1980)
Protection officielle du site et des objets.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Sainte-Croix (cad. 10 55) : inscription par arrêté du 31 décembre 1980
Personnages clés
| Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon - Évêque de Metz |
Crée un ermitage en 1758 pour entretenir la chapelle. |
| Jean-Nicolas Houllé - Curé concordataire (1750–1841) |
Rétablit le culte en 1803 après la Révolution. |
| Georges-Auguste Lemire - Archiprêtre (1838–1922) |
Restaure la chapelle en 1880 avec une nouvelle sacristie. |
| Jost Schmitt - Sculpteur colonnais |
Auteur des cinq bas-reliefs du chemin de croix (1661). |
| Arthur Schouler - Vitrailliste naborien (1927–1984) |
Réalise les vitraux en losanges dans les années 1960. |
Origine et histoire
La chapelle Sainte-Croix, construite à la fin du XVe siècle à Saint-Avold (Moselle), est le monument religieux le plus ancien de la ville encore debout. Érigée hors des remparts près de la porte Saint-Marc, elle marquait la jonction de deux voies historiques : celle venant d’Allemagne et le « Schinderkulweg » (actuel Passage des Poilus). Protégée initialement par la compagnie des arquebusiers de Saint-Antoine, elle servait de lieu de culte majeur, notamment lors des processions du Vendredi saint, où un chemin de croix à cinq stations (aujourd’hui partiellement conservé) attirait les fidèles. Une léproserie voisine, détruite pendant la guerre de Trente Ans, témoigne de son rôle social et spirituel au XVIe siècle.
Après le déclin de sa fréquentation au XVIIIe siècle, lié à la suppression des arquebusiers en 1710, l’évêque de Metz Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon y établit un ermitage en 1758 pour en assurer l’entretien. Vendue comme bien national en 1794 au tisserand Joubert, qui y installe des métiers à tisser, elle est restituée à la paroisse en 1802 grâce au Concordat. Le curé Jean-Nicolas Houllé (1750–1841) y rétablit le culte, mais la chapelle subit des pillages au XIXe siècle, perdant son autel baroque et ses statues, vendues en 1875. Restaurée en 1880 par l’archiprêtre Georges-Auguste Lemire, elle gagne une sacristie et de nouveaux vitraux, avant d’être négligée après la Seconde Guerre mondiale.
Devenue propriété communale en 1966 pour un franc symbolique, la chapelle bénéficie d’une restauration majeure entre 1976 et 1983 : toits en ardoise, façades refaites, réaménagement du parvis avec escaliers et éclairages. Inscrite aux monuments historiques en 1980, elle conserve des éléments remarquables comme les statues de la Vierge et saint Jean (attribuées à tort à Christophe Melling), une Vierge de Pitié du XVe siècle, et cinq bas-reliefs du chemin de croix sculptés par Jost Schmitt (1661). Son cimetière attitré, la Belle-Croix (1783–1853), abritait les tombes de l’archiprêtre Houllé et de la comtesse Angélique Françoise Crozat de Vaugrand, avant de devenir un parking.
L’intérieur, rarement ouvert, abrite un autel néogothique du XIXe siècle surmonté d’un Christ en croix, ainsi que des vitraux en losanges signés Arthur Schouler (années 1960). Le site, accessible par un escalier raide ou un chemin pentu, illustre les transformations urbaines de Saint-Avold, de son rôle médiéval de halte spirituelle à sa préservation moderne comme patrimoine local. Les objets classés (statues du calvaire, Vierge de Pitié, sculptures du chemin de croix) soulignent son importance artistique et historique dans le Grand Est.