Frise chronologique
878
Première mention du col
Première mention du col
878 (≈ 878)
Cité sous *in Aras* dans un texte.
1261
Première mention de l'hospice
Première mention de l'hospice
1261 (≈ 1261)
*Hospitalis B. Marie de Colle de Aris* dans les archives.
1586
Changement de dédicace
Changement de dédicace
1586 (≈ 1586)
Passage de Sainte-Marie à Sainte-Marguerite.
1796
Bien national
Bien national
1796 (≈ 1796)
Chapelle listée comme invendue.
1828
Privatisation
Privatisation
1828 (≈ 1828)
Devenue bâtiment agricole.
1939
Refuge lors de la Retirada
Refuge lors de la Retirada
1939 (≈ 1939)
Accueil de républicains espagnols.
5 juin 2009
Inscription MH
Inscription MH
5 juin 2009 (≈ 2009)
Chapelle et vestiges protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble formé par la chapelle et les vestiges de l'Hospice, avec le sol de la parcelle D 624, lieudit Sainte-Marguerite : inscription par arrêté du 5 juin 2009
Personnages clés
| Jules César - Général romain |
Aurait érigé un autel après Munda. |
| Frère Michel - Moine légendaire |
Pétrifié en *Roc del Frare* selon la tradition. |
| Abbé Joseph Gibrat - Historien local |
A décrit l’architecture de la chapelle. |
Origine et histoire
La chapelle Sainte-Marguerite et l’hospice Notre-Dame du col d’Ares, situés à 1 340 m d’altitude près de Prats-de-Mollo-la-Preste (Pyrénées-Orientales), marquent un point stratégique sur la route historique RD 115 reliant la France à l’Espagne. Ce site, cité dès 878 sous le nom in Aras, était un lieu de passage majeur, associé par les historiens à Jules César, qui y aurait érigé un autel (ara) après sa victoire à Munda. L’hospice, mentionné pour la première fois en 1261 sous le nom Hospitalis B. Marie de Colle de Aris, dépendait initialement de l’abbaye Saint-Pierre de Camprodon et servait de refuge aux voyageurs jusqu’au XIXe siècle.
L’ensemble architectural, de style roman, se compose d’une chapelle rectangulaire à chevet plat (11 m x 7 m), dotée d’une voûte en ogive et d’une fenêtre romane sur sa façade est. L’hospice adjacent, en ruines, s’élevait sur deux niveaux et abritait les pèlerins et marchands traversant les Pyrénées. La chapelle, dédiée à Sainte-Marie jusqu’en 1586, fut ensuite associée à Sainte-Marguerite, comme en témoignent les sources catalanes (Capella de Santa Margarida). Le site, inscrit aux monuments historiques en 2009, fut aussi un lieu de mémoire lors de la Retirada de 1939, accueillant des républicains espagnols en exil.
Une légende locale, liée au Roc del Frare (un rocher en forme de moine priant), raconte l’histoire de frère Michel, un religieux de l’hospice tentée par une jeune voyageuse qu’il avait sauvée. Rongé par la culpabilité, il fuit dans la montagne où, selon la tradition, il fut pétrifié par Dieu après une lutte symbolique entre saint Michel et Satan. Ce récit illustre le rôle spirituel et moral des hospices médiévaux, lieux de charité mais aussi de tentations pour leurs occupants.
Le toponyme Ares, récurrent dans les Pyrénées catalanes, évoque à la fois un autel romain (ara) et un col fréquenté depuis l’Antiquité. Les sources contemporaines varient sur son nom : Sainte-Marguerite (IGN), Santa Margarida (catalan), ou Hospital del Coll d’Ares (Gran Enciclopèdia Catalana). Ces variations reflètent son histoire multiculturelle, entre influence française et catalane, surtout après le traité des Pyrénées (1659) qui rattacha le Vallespir à la France.
Architecturalement, la chapelle se distingue par ses murs épais (1,20 m), sa porte plein-cintre dépourvue d’ornements, et sa nef couverte d’une voûte en berceau, aujourd’hui partiellement effondrée. Les vestiges de l’hospice, situés en contrebas, rappellent sa fonction originelle : accueillir les voyageurs épuisés par la traversée des Pyrénées, avant que le site ne devienne un bâtiment agricole au XIXe siècle. Son inscription au titre des monuments historiques en 2009 a permis de préserver ce témoignage rare des hospices médiévaux pyrénéens.