Origine et histoire de la Chapelle du Schaefertal
La chapelle du Schaefertal, située à Soultzmatt dans le Haut-Rhin, est un édifice religieux dont les origines remontent peut-être au XIVe siècle, bien que sa structure actuelle date principalement du début du XVIe siècle. Le chœur, consacré en 1511, présente des baies à remplage typiques de cette époque, tandis que des marques de tâcheron attestent des travaux de construction. Le lieu-dit Schaefertal (Val du Berger) est mentionné pour la première fois en 1339 comme possession de la famille des Laubgassen, suggérant une occupation ancienne du site.
La chapelle a subi deux agrandissements majeurs : le premier en 1594, comme l’indique une date gravée sur une fenêtre de la nef, et le second en 1745, avec l’ajout de la moitié ouest de la nef et le réemploi de pierres provenant du couvent de Schwartzenthann. Une porte latérale, datée de 1745, et des fenêtres en plein cintre jumelées furent percées lors de cette phase. L’arc triomphal, en arc brisé, porte une date partiellement cachée (17.5), tandis qu’un chapiteau sculpté de palmettes et d’un dragon, découvert lors de restaurations, proviendrait également de ce couvent.
La chapelle fut vendue comme bien national en 1796 à Bernard Lanwerlin, avant d’être rendue au culte en 1803. Deux campagnes de restauration marquèrent son histoire : en 1864, sous la direction de l’agent voyer Dicker (toiture, charpente, plafond du chœur), et entre 1984 et 1988, avec l’implication active de l’Association des Amis du Schaefertal. Ces travaux permirent de mettre au jour des éléments architecturaux disparus, comme une chaire du XVIIIe siècle volée ou quatre tableaux des Pères de l’Église (vers 1500), aujourd’hui introuvables.
À proximité de la chapelle, une maison construite à la fin du XVIe siècle, remaniée en 1726 (date gravée sur une cheminée et une fenêtre), servit de maison forestière au XIXe siècle. Son usage initial reste incertain, bien que sa taille suggère une fonction plus importante qu’un simple ermitage. La chapelle, classée monument historique depuis 1987 pour ses façades, toitures et fragments de décor peint, conserve des traces de rinceaux peints sous l’arc triomphal et une tribune en bois remaniée.
Le site, situé sur un chemin alsacien de Saint-Jacques-de-Compostelle, inclut une source remarquable face à l’entrée. Son histoire reflète les évolutions religieuses et architecturales de l’Alsace, entre héritage médiéval, influences Renaissance et adaptations baroques. La chapelle reste un témoignage des pratiques dévote locales et des réseaux de pèlerinage régionaux.