Frise chronologique
1864
Début de la construction du domaine
Début de la construction du domaine
1864 (≈ 1864)
Léon Lesca achète le terrain et entame les travaux.
1884-1885
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1884-1885 (≈ 1885)
Édifiée par l’architecte Ormières en style néo-mauresque.
8 septembre 1885
Bénédiction de la chapelle
Bénédiction de la chapelle
8 septembre 1885 (≈ 1885)
Célébrée par l’abbé Lacouture.
1913
Mort de Léon Lesca
Mort de Léon Lesca
1913 (≈ 1913)
Décès du commanditaire à 88 ans.
1965
Destruction de la Villa algérienne
Destruction de la Villa algérienne
1965 (≈ 1965)
Seule la chapelle subsiste.
août 2008
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
août 2008 (≈ 2008)
Protection officielle de la chapelle.
2011
Rénovation complète
Rénovation complète
2011 (≈ 2011)
Restauration et réouverture au public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle en totalité (cad. EK 4) : inscription par arrêté du 19 août 2008
Personnages clés
| Léon Lesca - Entrepreneur et commanditaire |
Créa le domaine et la chapelle après son retour d’Algérie. |
| Jean-Eugène Ormières - Architecte |
Conçut la chapelle en style néo-mauresque (1884-1885). |
| Abbé Lacouture - Religieux |
Bénit la chapelle en 1885. |
| Abbé Noailles - Premier chapelain |
Unique desservant de la chapelle. |
| Jules Grévy - Président de la République |
Autorisa la construction de la chapelle. |
Origine et histoire
La chapelle Sainte-Marie-du-Cap, surnommée « chapelle algérienne », est un édifice religieux de style néo-mauresque situé à Lège-Cap-Ferret, sur la presqu’île du Cap Ferret. Construite entre 1884 et 1885 par l’architecte Jean-Eugène Ormières pour l’entrepreneur Léon Lesca, elle est le dernier élément subsistant d’un vaste domaine incluant une villa, des jardins exotiques et des infrastructures pour les employés. Ce domaine, surnommé « Le Palais des Pachas », reflétait les influences algériennes de son commanditaire, qui y avait travaillé avant son retour en France.
Le mouvement architectural « orientalisant » du XIXe siècle, populaire dans le bassin d'Arcachon, inspire la chapelle, mêlant symboles chrétiens et arabes. Une croix surplombe un croissant de lune sur son clocher, tandis que des inscriptions en latin et en arabe (« bienvenue à vous ») ornent la façade. À l’intérieur, un lustre en bois, porcelaine et tissus multicolores, ainsi qu’une étoile à cinq branches, évoquent les trois religions monothéistes. Bénie en 1885, elle servait de lieu de culte pour les ostréiculteurs locaux, évitant le périlleux trajet en pinasse vers Arcachon.
La chapelle, propriété de la commune depuis sa vente symbolique par le diocèse, est inscrite aux monuments historiques depuis 2008. Elle a été rénovée en 2011 et accueille aujourd’hui messes estivales, mariages et concerts. Son histoire est liée à celle de Léon Lesca, philanthrope et conseiller général, qui développa le domaine entre 1864 et sa mort en 1913. La villa principale, abandonnée puis détruite en 1965, a laissé place à un lotissement, ne conservant que la chapelle, deux cuviers et une grotte artificielle.
Le site illustre l’héritage culturel mixte de Lesca, marqué par son passage en Algérie, où il participa à la construction du port d’Alger. L’ensemble, initialement autarcique avec école, presbytère et parcs à huîtres, témoigne d’une époque où la presqu’île, encore sauvage, se transformait sous l’impulsion de figures entrepreneuriales. La chapelle, symbole d’ouverture religieuse, reste un lieu emblématique du patrimoine local, entre mémoire historique et vie communautaire actuelle.