Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de la chapelle romane.
1587
Première mention écrite
Première mention écrite
1587 (≈ 1587)
Citée dans un rapport apostolique.
2009
Classement monument historique
Classement monument historique
2009 (≈ 2009)
Inscription des vestiges et de la parcelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges de la chapelle en totalité, ainsi que la parcelle qui les contient (cad. A 633, 655, 656) : inscription par arrêté du 13 octobre 2009, modifié par arrêté du 8 mars 2010
Personnages clés
| Seigneurs de Bozzi - Autorité médiévale locale |
Dirigeaient Forciolo au Moyen Âge. |
| Monseigneur Mascardi - Évêque visiteur (1587) |
A mentionné la chapelle dans un rapport. |
Origine et histoire
La chapelle San'Petru di Panicala, située à Forciolo en Corse-du-Sud, est un édifice roman du XIIe siècle, l’un des rares témoignages de cette période dans la vallée du Taravo. Elle se compose d’une nef unique orientée est-ouest, aujourd’hui ruinée, et d’une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, encore conservée. L’abside arbore un décor d’arcatures aveugles surmontées d’une cordelière imitant un chaînage, reposant sur neuf modillons sculptés en haut relief.
À l’origine, cette chapelle piévane (piève) servait de lieu de culte central pour les fidèles des villages environnants, formant une entité administrative médiévale. Avec le temps, chaque village construisit sa propre église, entraînant l’abandon progressif des anciennes églises pièvanes comme San'Petru. Les vestiges de la chapelle, incluant l’abside et le pignon oriental, ont été inscrits aux monuments historiques en 2009, avec une protection étendue à la parcelle les contenant.
Forciolo, village médiéval sous l’autorité des seigneurs de Bozzi, s’est développé autour des maisons notables avant de s’étendre le long des routes. La chapelle San'Petru, initialement dédiée à sainte Marie, fut citée dès 1587 dans un rapport de visite apostolique. Son déclin s’accéléra au XVIIe siècle avec la construction d’une nouvelle église paroissiale, Saint-Pierre de Forciolo, qui reprit ses fonctions religieuses. Aujourd’hui, les ruines de San'Petru di Panicala rappellent l’importance des pièves dans l’organisation religieuse et sociale de la Corse médiévale.
L’édifice illustre aussi l’évolution architecturale et liturgique de la région : d’un modeste bâtiment sans fenêtres ni clocher, il devint un symbole de la transition entre l’art roman et les adaptations locales. Les modillons sculptés et les arcatures aveugles de l’abside témoignent d’influences artistiques extérieures, adaptées aux matériaux et savoir-faire corses. La chapelle, bien que partiellement détruite, reste un marqueur du patrimoine religieux insulaire.
La protection de 2009 a permis de préserver ces vestiges, aujourd’hui propriété mixte (commune et privés). Leur état actuel limite les visites, mais leur valeur historique et architecturale en fait un sujet d’étude pour comprendre les dynamiques médiévales en Corse. Le site s’inscrit aussi dans le parc naturel régional de Corse, ajoutant une dimension paysagère à son intérêt patrimonial.