Frise chronologique
1115
Première mention de la chapelle
Première mention de la chapelle
1115 (≈ 1115)
Bulle papale de Pascal II (dépendance de Déols).
1212
Bulle d'Innocent III
Bulle d'Innocent III
1212 (≈ 1212)
Confirme le statut de chapelle castrale.
fin XIe - XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XIe - XIIe siècle (≈ 1295)
Nef, transept, abside et absidioles édifiés.
1488
Legs d'Isabelle de La Tour
Legs d'Isabelle de La Tour
1488 (≈ 1488)
Testament pour fonder un chapitre.
1513-1520
Fondation du chapitre
Fondation du chapitre
1513-1520 (≈ 1517)
Bulles de Léon X et exécution en 1517.
1789 (Révolution)
Désaffectation et transformations
Désaffectation et transformations
1789 (Révolution) (≈ 1789)
Nef en halle, transept morcelé.
1914
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1914 (≈ 1914)
Protection des fresques et éléments extérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Toute la partie extérieure du pourtour de l'ancienne abside de l'église et le clocher ; à l'intérieur, toute la partie supérieure de l'ancienne abside contenant les fresques anciennes ainsi que les colonnes et chapiteaux faisant partie de cette salle (cad. AK 88) : classement par arrêté du 22 juillet 1914
Personnages clés
| Pascal II - Pape (1099–1118) |
Auteur de la bulle de 1115. |
| Innocent III - Pape (1198–1216) |
Confirme la chapelle en 1212. |
| Isabelle de La Tour d’Auvergne - Noble (XVe s.) |
Lègue des fonds pour le chapitre (1488). |
| Jean d’Albret - Seigneur de Châteaumeillant (XVIe s.) |
Fonde le chapitre en 1517. |
| Léon X - Pape (1513–1521) |
Autorise le chapitre par bulles (1513, 1520). |
Origine et histoire
Le Chapître de Châteaumeillant, initialement nommé église Notre-Dame-la-Petite, est un édifice religieux catholique situé place de la Mairie à Châteaumeillant, dans le département du Cher, en région Centre-Val de Loire. Sa première mention remonte à 1115, dans une bulle papale de Pascal II, où elle est citée comme une dépendance de l’abbaye de Déols. L’église actuelle, de style proche de celle de Saint-Genès de Châteaumeillant, fut principalement construite entre la fin du XIe siècle et le XIIe siècle, incluant nef, transept, abside et deux absidioles. Le chevet fut agrandi au milieu du XIIe siècle par l’ajout de deux absidioles intermédiaires, tandis que l’abside fut rehaussée à la même période.
La bulle du pape Innocent III en 1212 confirme son statut de chapelle castrale sous le nom d'« Ecclesiam sancti Stephani de Castro Melani et capellis suis et capellan sanctæ Mariæ ». En 1488, Isabelle de La Tour d’Auvergne, épouse d’Arnaud Amanieu d’Albret, lègue par testament des fonds pour y fonder un chapitre de chanoines réguliers. Cette fondation est officialisée en 1513 et 1520 par deux bulles du pape Léon X, puis exécutée en 1517 par Jean d’Albret, seigneur de Châteaumeillant. Le transept est alors agrandi aux dépens du chœur, transformant les croisillons en chapelles voûtées d’ogives.
À la Révolution, l’église est désaffectée : son clocher est abattu, la nef convertie en halle marchande, et le transept sectionné pour créer des salles. L’abside, quant à elle, sert successivement de prison, de justice de paix, de salle de mariage, puis de mairie jusqu’en 2005. La première absidiole sud est démolie à la fin du XIXe siècle, tandis que des éléments sculptés sont réemployés dans des maisons locales. Classée Monument Historique en 1914, l’édifice conserve des fresques du XIIIe siècle illustrant des scènes du Nouveau Testament, visibles dans l’abside.
L’église se distingue par son gros œuvre en moellons de grès, ses encadrements en calcaire, et une nef à quatre travées. Son plan comprend une chapelle d’axe flanquée de trois chapelles échelonnées (deux au nord, une au sud), avec des voûtes en berceau ou à arêtes doubles. L’édifice, propriété de la commune, abrite aujourd’hui des traces de son passé conventuel, ayant accueilli des bénédictins puis des chanoines réguliers à partir de 1517. Son utilisation actuelle reste liée à la mairie, bien que certains espaces aient été réaménagés après 2005.