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Chartreuse de Bellary à Châteauneuf-Val-de-Bargis dans la Nièvre

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Chartreuse
Nièvre

Chartreuse de Bellary

    Bellary
    58350 Châteauneuf-Val-de-Bargis
Propriété privée
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Chartreuse de Bellary
Crédit photo : Philippe Cendron - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1209
Fondation
1230–1255
Construction en pierre
1405
Pillage anglais
1568
Incendie calviniste
1788
Portail dorique
1791
Vente comme bien national
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La grande chapelle avec sa sacristie et la chapelle annexe ; grand réfectoire du XVIe siècle ; portail du pavillon d'entrée (cad. E 1093) : inscription par arrêté du 20 octobre 1971

Personnages clés

Hervé IV de Donzy - Fondateur Seigneur ayant créé la chartreuse en 1209
Mahaut de Courtenay - Cofondatrice Épouse d’Hervé IV, inspiratrice légendaire du nom
Dom Guillaume Bruneau - Prieur reconstructeur Restaura cloître et cellules (1509–1525)
François II - Roi de France Autorisa des coupes de bois pour réparations (1568)
Domenge Pic de la Mirandole - Acquéreur en 1791 Acheta la chartreuse comme bien national

Origine et histoire

La chartreuse de Bellary, ou chartreuse de l'Annonciation de la Sainte-Vierge, fut fondée en 1209 par Hervé IV de Donzy et son épouse Mahaut de Courtenay pour obtenir une dispense papale évitant l'annulation de leur mariage (consanguinité au 4e degré). Située à 7 km du bourg de Châteauneuf-Val-de-Bargis, isolée en forêt, elle devint un monastère prospère avant d’être pillée pendant la guerre de Cent Ans (1405, 1423) et incendiée par les Calvinistes en 1568. Les moines, chassés à plusieurs reprises, revinrent en 1602 après des décennies d’abandon.

La construction initiale (1209–1300) suivit le plan traditionnel des chartreuses : église, grand cloître avec 11 maisons-cellules, réfectoire, et chapelles. Les bâtiments en pierre remplacèrent une première structure en bois entre 1230 et 1255, sous les priorats de dom Géralde et dom Bartholomée. Au XVIe siècle, après des destructions, le prieur dom Guillaume Bruneau reconstruisit le petit cloître (1509–1525) et des cellules. Un incendie en 1559 et les guerres de Religion retardèrent sa restauration, achevée partiellement grâce à des dons royaux (François II autorisa des coupes de bois en 1568).

Au XVIIIe siècle, la chartreuse jouait un rôle économique majeur en Bourgogne, avec des revenus annuels passant de 15 000 à 20 411 livres (1752–1790). Elle était le principal propriétaire terrien local, employant de nombreux habitants. En 1788, un escalier monumental fut ajouté au pavillon ouest, portant la date sur son portail. Vendue comme bien national en 1791 à Domenge Pic de la Mirandole pour 100 200 livres, elle devint une exploitation agricole. Aujourd’hui propriété privée, elle conserve des éléments protégés depuis 1971 : la grande chapelle, le réfectoire du XVIe siècle, et son portail d’entrée.

L’étymologie de Bellary viendrait du vieux français beaularriz (« terre en friche »), bien qu’une légende évoque le rire de Mahaut de Courtenay (« la belle a ri »). Le site abritait aussi une maison basse pour les frères convers et une chapelle Saint-Laurent, à 500 m à l’ouest. Son tabernacle-retable (XVIe siècle) est désormais exposé au musée Auguste-Grasset de Varzy, et sa grille d’entrée orne le cimetière de Beaumont-la-Ferrière.

Architecturalement, Bellary illustre l’évolution des chartreuses : plan médiéval strict (cloîtres, cellules individuelles), adaptations Renaissance (réfectoire, logis prioral), et embellissements classiques (portail dorique de 1788). Les saccages répétés et les reconstructions ont effacé une partie de son patrimoine, mais les bâtiments subsistants témoignent de son importance spirituelle et économique, des croisés du XIIIe siècle aux révolutions agricoles du XVIIIe.

Liens externes