Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Chartreuse de Lugny à Leuglay en Côte-d'or

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Chartreuse
Eglise gothique
Côte-dor

Chartreuse de Lugny

    D928 Chartreuse de Lugny
    21290 Leuglay
Propriété d'une société privée ; propriété privée
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny
Chartreuse de Lugny

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1172
Fondation par Gauthier de Bourgogne
1366
Destructions pendant la guerre de Cent Ans
1382
Relèvement par Gui VI de La Trémoille
1721-1778
Embellissements rococo
1791
Vente comme bien national
1993
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiments de l'ancienne chartreuse, y compris l'église et son décor ; sol des parcelles situées dans l'ancien enclos et mur de clôture (cad. B 26, 28, 29, 31 à 44, 223 à 227, 230, 253 à 262) : inscription par arrêté du 22 novembre 1993

Personnages clés

Gauthier de Bourgogne - Évêque de Langres et fondateur Organisa les dons initiaux (1172-1179).
Gui VI de La Trémoille - Grand chambellan de Bourgogne Finança la reconstruction en 1382.
Nicolas Pineau - Sculpteur rococo Auteur des décors de l’église (1743-1745).
Edme Verniquet - Architecte du XVIIIe siècle Reconstruisit cellules et cloître.
Jean-Baptiste Lagnier - Acquéreur révolutionnaire Maître de forges, propriétaire en 1791.

Origine et histoire

La chartreuse de Lugny, fondée en 1172 par Gauthier de Bourgogne, 59e évêque de Langres, est l’un des plus anciens monastères cartusiens de France. Contrairement à une légende tenace, elle n’a pas été créée par saint Bruno, décédé en 1101, mais résulte d’une donation épiscopale visant à assurer aux moines des terres et revenus suffisants. Gauthier de Bourgogne obtint des dons des chanoines de Saint-Étienne de Dijon, des Templiers, et des cisterciens de Longuay, consolidant ainsi les bases matérielles du monastère. Ces échanges, formalisés par des chartes entre 1170 et 1175, permirent l’établissement d’une communauté de 12 à 13 pères chartreux et une vingtaine de frères lais, chargés des travaux agricoles.

La chartreuse connut une première période de prospérité jusqu’au XIVe siècle, marquée par des destructions pendant la guerre de Cent Ans (vers 1366). Son relèvement fut assuré en 1382 par Gui VI de La Trémoille, grand chambellan de Bourgogne, qui finança six nouvelles places monastiques et racheta des terres pour restaurer sa vitalité. Au XVIIIe siècle, sous l’impulsion de prieurs comme Dom Benoît Houasse et Fr. Goulard, le site fut embelli : l’église fut rénovée dans un style rococo par Nicolas Pineau, et l’architecte Edme Verniquet reconstruisit des cellules et le grand cloître. Les moines géraient alors un domaine de 850 hectares de forêts, des moulins, et des droits seigneuriaux.

La Révolution française mit fin à la vie monastique : la chartreuse fut vendue comme bien national en 1791 à des acquéreurs locaux, dont Jean-Baptiste Lagnier, maître de forges. Transformée en faïencerie au XIXe siècle, elle est aujourd’hui une propriété privée, partiellement ouverte lors des Journées du patrimoine. Bien que les cloîtres et les maisonnettes des pères aient disparu, l’église (remaniée aux XVIe et XVIIIe siècles) et la corroirie subsistent. L’autel baroque, transféré à Recey-sur-Ource, et les décors rocaille témoignent de son passé fastueux.

Le site conserve une bibliothèque de 800 ouvrages, des archives déposées en Côte-d’Or, et des peintures comme un Saint Jérôme attribué à l’Espagnolet. Les chartreux, interdits de vin, exploitèrent des vignes à Montbard et des salines de Salins pour leurs besoins liturgiques et alimentaires. La chartreuse illustre ainsi l’équilibre entre austérité cartusienne et gestion d’un patrimoine économique complexe, du Moyen Âge à la Révolution.

Liens externes