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Chartreuse de Portes à Bénonces dans l'Ain

Patrimoine classé Patrimoine religieux Chartreuse
01470 Bénonces, D99

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1700
1800
1900
2000
1115
Fondation de la chartreuse
1147
Conflit pour l'évêché de Grenoble
1282
Saccage de la chartreuse
1791
Expulsion des moines
1855
Rachat par les chartreux
1971
Retour des moines de Sélignac
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Bernard d'Ambronay - Cofondateur et premier prieur Auteur du *Testament de Bernard*, texte fondateur.
Anthelme de Chignin - Quatrième prieur et évêque de Belley Figure majeure de l'ordre cartusien.
Étienne de Châtillon - Septième prieur et évêque de Die Régla des conflits territoriaux au XIIe siècle.
Bernard de La Tour - Dixième prieur et ministre général Bienheureux, influent dans l'ordre cartusien.
Honoré Mérille - Dernier prieur avant la Révolution Organisa l'inventaire des biens en 1790.
Michel Vallet - Moine resté après 1791 Dernier occupant jusqu'en 1799.

Origine et histoire de la Chartreuse de Portes

La chartreuse Sainte-Marie de Portes, fondée en 1115 par les moines bénédictins Bernard et Ponce, est le troisième monastère de l'ordre cartusien en ancienneté et le deuxième en France après la Grande Chartreuse. Implantée à 1 000 mètres d'altitude dans les montagnes du Bugey, elle est surnommée la 'chartreuse des Saints' en raison du nombre de moines béatifiés ou canonisés. Les fondateurs, en quête d'une vie érémitique, obtiennent du diocèse de Lyon les droits sur ce territoire isolé, où ils établissent une communauté sous la règle cartusienne.

Au XIIe siècle, Portes connaît une croissance rapide, acquérant des terres par dons, échanges ou achats, malgré un climat rigoureux et des conflits récurrents avec les villages voisins et le prieuré d'Ordonnaz. Les papes et les seigneurs locaux, comme les comtes de Savoie, protègent et confirment ses privilèges. L'économie du monastère repose sur l'exploitation forestière, l'élevage et l'agriculture, avec des granges et moulins acquis au fil des siècles. Les chartreux de Portes jouent un rôle spirituel et politique majeur dans la région, malgré des tensions avec les communautés voisines.

La Révolution française marque un tournant : en 1791, les moines sont expulsés et les biens du monastère nationalisés. Après une période laïque où la chartreuse est transformée en exploitation agricole, elle est rachetée par l'ordre cartusien en 1855. Une communauté s'y réinstalle jusqu'en 1901, date à laquelle une loi anti-congrégations entraîne une nouvelle expulsion. En 1952, la chartreuse de Sélignac rachète Portes, et une communauté s'y établit à nouveau en 1971. Depuis, le monastère reste un lieu de vie monastique et de prière.

La chartreuse de Portes est marquée par son architecture austère et son histoire mouvementée, incluant des destructions partielles, des reconstructions et des conflits juridiques. Plusieurs de ses prieurs, comme Anthelme de Chignin et Étienne de Châtillon, deviennent évêques ou sont reconnus pour leur sainteté. Le site, partiellement classé monument historique en 1947, conserve des éléments médiévaux et des traces de ses différentes périodes d'occupation.

Les armoiries de Portes, dédiées à la Vierge Marie, représentent souvent son monogramme ou son image, comme sur les sceaux médiévaux du monastère. Ces symboles reflètent la dévotion mariale des chartreux, centrale dans leur spiritualité. La chartreuse, malgré ses péripéties historiques, reste un symbole de la vie érémitique et de la persévérance religieuse dans le Bugey.

Liens externes

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