Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Chartreuse de Saïx à Castres dans le Tarn

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Chartreuse
Tarn

Chartreuse de Saïx

    Rue Albert Calmettes
    81100 Castres
Propriété privée
Chartreuse de Saïx
Chartreuse de Saïx
Chartreuse de Saïx
Chartreuse de Saïx
Chartreuse de Saïx
Chartreuse de Saïx
Chartreuse de Saïx
Chartreuse de Saïx
Chartreuse de Saïx
Crédit photo : Xavier Guillot - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1359
Fondation par Raymond Saissac
1423
Fusion avec La Loubatière
1567
Sac par les protestants
1674
Reconstruction définitive
1790
Abolition des vœux monastiques
1791
Dispersion des moines
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Mur d'enceinte avec ses six tours carrées ; portail d'entrée ; vivier ; sol de l'ancienne abbaye avec les vestiges qu'il peut renfermer (cad. E 1112 à 1129) : inscription par arrêté du 24 janvier 1978

Personnages clés

Raymond Saissac (ou Saysse) - Fondateur et bienfaiteur Lègue ses terres en 1359.
Centulie de Brettes - Co-fondatrice Lègue le château de Touscayrats.
Jean Zeewen de Roosendael - Prieur puis général de l’Ordre Élu en 1463 après Castres.
Jean de Libra - Prieur pendant les guerres Mène l’exil à Toulouse en 1567.
Guilhot de Ferrières - Capitaine protestant Responsable du sac de 1567.
Pierre Lion - Prieur en 1684 Gère la reconstruction post-exil.

Origine et histoire

La chartreuse Notre-Dame-de-Bellevue de Saïx, située à Castres (Tarn, Occitanie), trouve son origine en 1359 grâce au legs de Raymond Saissac (ou Saysse), riche marchand castrais, et de son épouse Centulie de Brettes. À sa mort en 1361, Raymond lègue ses biens, dont la métairie de Boussac près de Saïx, pour fonder un monastère cartusien nommé Belvèse (ou Bellevue). En 1423, la chartreuse s’agrandit en fusionnant avec celle de La Loubatière (près de Carcassonne), avec confirmation papale en 1427. Ce rattachement lui apporte des terres, des prieurés et des revenus, consolidant son influence régionale.

Au XVIe siècle, les guerres de Religion forcent les moines à fuir. En 1567, après le sac du monastère par le capitaine protestant Guilhot de Ferrières, les onze chartreux restants se réfugient d’abord à Escoussens, puis à Toulouse sous la direction du prieur Dom Jean de Libra. Ils occupent temporairement le prieuré Saint-Pierre-des-Chartreux, tandis que leurs biens castrais sont gérés par la chartreuse toulousaine. Le retour à Saïx s’amorce en 1647, mais la reconstruction complète n’aboutit qu’en 1674, marquant la séparation définitive d’avec Toulouse.

La chartreuse connaît un déclin au XVIIIe siècle : l’Assemblée constituante abolit les vœux monastiques en 1790, et le monastère est dissous en 1791. Les bâtiments, transformés en prison pendant la Terreur, sont vendus puis rasés. Seuls persistent aujourd’hui le mur d’enceinte avec ses six tours carrées, un portail Louis XIV, un vivier, et des œuvres dispersées (comme des statues de marbre à la cathédrale Saint-Benoît de Castres). Le site, inscrit aux monuments historiques en 1978, témoigne de ce patrimoine disparu.

Parmi les figures marquantes, Jean Zeewen de Roosendael (prieur au XVe siècle) devient général de l’Ordre des Chartreux en 1463, tandis que Jean de Libra (prieur en 1545 et 1563) mène la communauté pendant les troubles religieux. Pierre Lion (prieur en 1684) et Joseph Torrilhon (1678) illustrent la renaissance du XVIIe siècle. Ces moines, souvent issus de chartreuses voisines (Cahors, Toulouse), ont façonné l’histoire du lieu.

L’architecture originale combinait des éléments défensifs (tours, enceinte) et religieux (église, cellules). Le portail en pierre de taille, de style Louis XIV, et les salles voûtées des tours rappellent l’organisation cartusienne : vie solitaire dans des cellules individuelles, reliées par des escaliers à vis. Le vivier, situé dans un méandre de l’Agout, servait probablement à l’élevage de poissons pour les moines.

La chartreuse de Saïx incarne les bouleversements religieux et politiques de l’Occitanie, des fondations médiévales à la destruction révolutionnaire. Son héritage perdure dans le nom d’une zone d’activité locale et dans les vestiges classés, derniers témoignages de sept siècles d’histoire monastique.

Liens externes