Frise chronologique
1204
Fondation par Guillem de Vénéjean
Fondation par Guillem de Vénéjean
1204 (≈ 1204)
Cession du domaine aux Chartreux, début des travaux.
1585
Pillage pendant les guerres de Religion
Pillage pendant les guerres de Religion
1585 (≈ 1585)
Destruction partielle, reconstruction à partir de 1593.
1770–1780
Construction de la nouvelle église
Construction de la nouvelle église
1770–1780 (≈ 1775)
Voûtes étoilées par les frères Franque.
1790
Expulsion des chartreux
Expulsion des chartreux
1790 (≈ 1790)
Nationalisation sous la Révolution française.
1836
Rachat par les chartreux
Rachat par les chartreux
1836 (≈ 1836)
Retour des moines après 46 ans d’absence.
1929
Création de la léproserie
Création de la léproserie
1929 (≈ 1929)
Par le pasteur Delord, 400 malades accueillis.
1959 et 1974
Classement monument historique
Classement monument historique
1959 et 1974 (≈ 1974)
Protection des cloîtres, église et façades.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties, non comprises dans l'arrêté de classement du 4 mars 1959, de l'ancienne Chartreuse de Valbonne, figurant au cadastre sous le n° 273, section AN : inscription par arrêté du 23 mars 1959 ; Les parties suivantes de l'ancienne Chartreuse de Valbonne : l'ensemble des façades et des toitures ; les galeries des grand et petit cloîtres ; l'église, en totalité, y compris les deux chapelles et le portail d'entrée situés à l'Ouest ; le vestibule et l'escalier intérieur, figurant au cadastre, section AN sous le n° 273 : classement par arrêté du 30 octobre 1974
Personnages clés
| Guillem Ier de Vénéjean - Évêque d’Uzès et fondateur |
Cède le domaine en 1204, y est inhumé. |
| Frères Franque d’Avignon - Architectes des voûtes |
Réalisent les stéréotomies complexes de l’église. |
| Philadelphe Delord - Pasteur et fondateur de la léproserie |
Achète la chartreuse en 1926, y meurt en 1947. |
| Marthe North-Siegfried - Bienfaitrice de la léproserie |
Fondatrice de la Croix-Rouge alsacienne, soutient financièrement. |
| Jean-Claude Farigoule - Propriétaire industriel (1907–1926) |
Loue le site à l’armée pendant la Première Guerre. |
| François Laurent - Prieur reconstructeur (1634–1650) |
Participe à la restauration post-guerres de Religion. |
Origine et histoire
La chartreuse de Valbonne, fondée en 1204 par l’évêque Guillem Ier de Vénéjean sur un domaine marécageux cédé à l’ordre des Chartreux, doit son nom (vallis bona) à l’assainissement du vallon par les moines. Le petit cloître et les premières voûtes datent de cette époque médiévale. Le site, initialement occupé par un monastère bénédictin abandonné au XIIe siècle, devient un pôle spirituel et agricole grâce au défrichement de la forêt environnante.
Dévastée en 1585 pendant les guerres de Religion, la chartreuse est reconstruite dès 1593 avec l’arrivée de moines de la Grande Chartreuse. Le grand cloître (350 m de périmètre) et la porte d’entrée sont édifiés à cette époque. Une nouvelle église, aux voûtes complexes réalisées par les frères Franque d’Avignon, est bâtie entre 1770 et 1780. Ses tuiles vernissées bourguignonnes, rares en Provence, lui confèrent un caractère pittoresque.
La Révolution française chasse les chartreux en 1790, et le domaine, nationalisé, est vendu comme bien national. En 1806, Napoléon Ier l’offre à l’hospice de Pont-Saint-Esprit, qui le revend aux enchères. Rachat en 1836 par les chartreux, le monastère retrouve sa vocation religieuse jusqu’aux lois de 1901, entraînant un nouvel exode. Transformée en caserne pendant la Première Guerre mondiale (600 soldats hébergés), elle devient en 1929 une léproserie grâce au pasteur Philadelphe Delord, soutenu par des donateurs comme Marthe North-Siegfried.
Classée monument historique en 1959 et 1974, la chartreuse abrite aujourd’hui un site touristique mêlant patrimoine architectural (église conventuelle, chapelles, cloîtres), forêt domaniale aux essences méditerranéennes rares, et vignoble. Son histoire reflète les bouleversements religieux, politiques et sanitaires de la France, depuis le Moyen Âge jusqu’au XXe siècle.
Parmi les anecdotes marquantes, on note la présence au XIXe siècle d’une chaussure de saint Malachie, l’installation d’une verrerie en 1802 utilisant le sable local, ou l’inhumation de Louis Barbat, bourreau de Cayenne, dans le cimetière attenant. Les cellules des moines, identifiées par des lettres de A à Y (sauf Q), illustrent l’organisation rigoureuse de la vie cartusienne.