Frise chronologique
1329
Fondation du monastère
Fondation du monastère
1329 (≈ 1329)
Première chartreuse féminine hors du Dauphiné.
1341–1342
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1341–1342 (≈ 1342)
Symbole d’alliance politique et religieuse.
1346
Départ pour Bruges
Départ pour Bruges
1346 (≈ 1346)
Six moniales fondent Sainte-Anne-au-Désert.
XVe siècle
Saccages répétés
Saccages répétés
XVe siècle (≈ 1550)
Reconstruction nécessaire au XVIe siècle.
1639–1646
Refuge à Béthune
Refuge à Béthune
1639–1646 (≈ 1643)
Guerre de Trente Ans force l’exil.
1790–1792
Dispersion révolutionnaire
Dispersion révolutionnaire
1790–1792 (≈ 1791)
Abolition des vœux et fin de la communauté.
1986
Classement monument historique
Classement monument historique
1986 (≈ 1986)
Protection des ruines et vestiges.
depuis 1997
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
depuis 1997 (≈ 1997)
Découvertes majeures par l’Université d’Artois.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les restes de l'église ; façades et toitures du bâtiment de la porterie, des bâtiments adjacents à l'église, de la maison du jardinier, des bâtiments situés en équerre au Nord-Ouest ; anciens murs de clôture avec la tourelle Sud ; sol compris à l'intérieur de l'enceinte ; boiseries subsistantes (cad. AE 7 à 12, 14 à 21, 28, 30 à 36, 40, 42 à 48, 53, 54, 57, 100 à 105) : inscription par arrêté du 10 juin 1986
Personnages clés
| Mahaut d’Artois - Comtesse fondatrice |
Initiatrice avec Thierry d’Hérisson en 1329. |
| Thierry d’Hérisson - Co-fondateur |
Associé à Mahaut d’Artois pour la création. |
| Jeanne de France - Protectrice (fille de Mahaut) |
Stabilisa la fondation au XIVe siècle. |
| Marguerite de Flandre - Bienfaitrice (petite-fille de Mahaut) |
Soutien financier en 1362. |
| Isabelle de Portugal - Ducesse de Bourgogne |
Décédée à Aire-sur-la-Lys en 1471. |
Origine et histoire
La chartreuse des Dames de Gosnay, aussi appelée chartreuse du Mont-Sainte-Marie, est un ancien monastère de moniales cartusiennes fondé en 1329 par Thierry d’Hérisson et Mahaut d’Artois, sur le modèle de la chartreuse voisine de Val-Saint-Esprit. Elle fut la première chartreuse féminine créée hors du massif de la Chartreuse, dans le Sud-Est de la France. Son église, consacrée entre 1341 et 1342, symbolisait l’alliance entre la royauté et le Dauphiné, tout en affirmant le pouvoir de la comtesse d’Artois. La fondation fut stabilisée grâce à l’appui de Jeanne de France (fille de Mahaut) et de Marguerite de Flandre (sa petite-fille) dans les décennies suivantes.
En 1346, six moniales de Gosnay, originaires de Bruges, partirent fonder la chartreuse Sainte-Anne-au-Désert dans cette ville. Le monastère subît des saccages répétés au XVe siècle, nécessitant une reconstruction majeure au XVIe siècle. Pendant la guerre de Trente Ans (1636–1648), les religieuses durent se réfugier à Béthune de 1639 à 1646, laissant le couvent occupé par des sœurs non professes. Le système de Law, au XVIIIe siècle, aggrava ses difficultés financières, imposant un numerus clausus réduit. La Révolution française sonna son déclin : malgré l’abolition des vœux religieux en 1790, la communauté fut dispersée en 1792.
Les ruines de l’église et les vestiges (boiseries, porterie, murs d’enceinte) furent classés monuments historiques en 1986. Depuis 1997, des fouilles archéologiques menées par l’Université d’Artois ont révélé des éléments remarquables : un Christ aux liens du XVe siècle (brisé pendant la Révolution et jeté dans les latrines), des pieds de verre vénitiens (XVIe–XVIIe siècles) fabriqués à Murano, et un double aqueduc rare pour l’époque. Ces découvertes éclairent l’organisation spatiale du monastère et la vie quotidienne des moniales.
La chartreuse illustre l’histoire des chartreuses féminines, souvent liées aux stratégies politiques et familiales des aristocrates locaux. Son architecture et ses vestiges archéologiques témoignent de son importance religieuse et sociale, malgré les destructions subies au fil des siècles. Aujourd’hui, le site, propriété mixte (privée et publique), reste un lieu de mémoire et d’étude pour les historiens et archéologues.