Chartreuse des Dames de Gosnay dans le Pas-de-Calais

Patrimoine classé Patrimoine religieux Chartreuse

Chartreuse des Dames de Gosnay

  • Chemin de Labuissière
  • 62199 Gosnay
Chartreuse des Dames de Gosnay
Chartreuse des Dames de Gosnay
Chartreuse des Dames de Gosnay
Chartreuse des Dames de Gosnay
Crédit photo : Jérémy Jännick - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée ; propriété d'un établissement public

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1329
Fondation du monastère
1341 ou 1342
Consécration de l'église
XVIIe siècle
Reconstruction et embellissement
1790
Abolition des vœux
1792
Dispersion de la communauté
1986
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les restes de l'église ; façades et toitures du bâtiment de la porterie, des bâtiments adjacents à l'église, de la maison du jardinier, des bâtiments situés en équerre au Nord-Ouest ; anciens murs de clôture avec la tourelle Sud ; sol compris à l'intérieur de l'enceinte ; boiseries subsistantes (cad. AE 7 à 12, 14 à 21, 28, 30 à 36, 40, 42 à 48, 53, 54, 57, 100 à 105) : inscription par arrêté du 10 juin 1986

Personnages clés

Thierry d’Hérisson Fondateur de la chartreuse des Dames de Gosnay.
Mahaut d’Artois Fondatrice de la chartreuse des Dames de Gosnay.
Jeanne de France Assura la stabilité de la communauté dans ses premières années.
Marguerite de Flandre Assura la stabilité de la communauté en 1362.
Isabelle de Portugal Inhumée à la chartreuse avant le transfert de son corps à Champmol.

Origine et histoire de la Chartreuse des Dames de Gosnay

La chartreuse des Dames, dite du Mont-Sainte-Marie, est un ancien monastère de moniales chartreuses situé à Gosnay, dans le Pas-de-Calais (Hauts-de-France). Fondée en 1329 par Thierry d’Hérisson et Mahaut d’Artois, elle fut la première chartreuse féminine établie hors du massif de la Chartreuse. Les premières moniales provenaient de Notre-Dame de Salettes et l’église du couvent fut consacrée en 1341 ou 1342. La fondation traduisait à la fois des enjeux géopolitiques et l’affirmation du rôle de la comtesse d’Artois ; la stabilité de la communauté fut assurée dans ses premières années par Jeanne de France puis par Marguerite de Flandre en 1362. En 1346, six moniales originaires de Bruges partirent de Gosnay pour fonder la chartreuse de Sainte-Anne au Désert à Bruges ; Isabelle de Portugal, décédée à Aire-sur-la-Lys en 1471, y fut inhumée avant que son corps ne soit transféré à Champmol en 1474. Le monastère fut saccagé à plusieurs reprises au XVe siècle et largement reconstruit aux XVIe et XVIIe siècles, puis agrandi et embelli après les guerres de religion. À partir de 1636, les opérations militaires rendirent son existence précaire ; entre 1639 et 1646, les moniales trouvèrent refuge dans une maison de Béthune, tandis que le couvent restait occupé par des sœurs non professes et que les moniales de chœur séjournaient à Béthune jusqu’en 1645. La maison souffrit également de difficultés financières liées au système de Law, qui entraîna une réduction du numerus clausus. Après la décision de l’Assemblée constituante du 13 février 1790 d’abolir les vœux et de supprimer les congrégations, la communauté tenta de maintenir une vie commune mais fut contrainte à la dispersion en octobre 1792.
Les ruines de l’église et les boiseries subsistantes sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le 10 juin 1986 ; sont également protégés les façades et les toitures de la porterie, les bâtiments adjacents à l’église, la maison du jardinier, les constructions en équerre au nord‑ouest de la parcelle, les anciens murs de clôture avec la tourelle au sud et le sol à l’intérieur de l’enceinte.
Depuis 1997, des fouilles archéologiques programmées menées par l’Université d’Artois avec la participation d’Artois Comm. ont mis au jour de nombreux vestiges et objets, améliorant la connaissance de l’organisation spatiale et de la vie monastique de la chartreuse. Parmi les découvertes figurent un Christ aux liens du XVe siècle retrouvé en 2009 et vraisemblablement brisé puis jeté dans d’anciennes latrines lors de la destruction de l’église en 1793 ou 1794, des pieds de verre sculptés datés des XVIe et XVIIe siècles et fabriqués sur l’île de Murano découverts en 2005, ainsi que les vestiges d’un double aqueduc mis au jour en 2008, installation d’approvisionnement en eau rare pour l’époque.

Liens externes