Patrimoine classé
Façades et toitures de l'ensemble du château (enceinte avec les tours, poterne d'entrée et logis d'habitation) ; douves ; oratoire et grand salon situés au premier étage du logis d'habitation (cad. AM 186) : classement par arrêté du 1er février 1968 - Jardins et parc, ainsi que les murs de clôture (cad. AM 88, 172 à 174, 179, 182, 189 à 197, 229, 233) : inscription par arrêté du 5 juillet 1993 - Les deux pavillons d'entrée du jardin ; la pêcherie et la pièce d'eau voisine ; le potager avec le canal qui l'entoure ; les chartreuses ; le portail d'entrée de la ferme (cad. AM 88, lieudit Le Bourg, 176, 177, lieudit Le Parc, 189 à 197, lieudit Le Potager, 229, lieudit Les Ouches) : classement par arrêté du 3 décembre 1998
Personnages clés
| Gilles de Sully - Seigneur et bâtisseur (XIVe siècle) |
Modernisa l’enceinte fortifiée vers 1330. |
| Jacques Cœur - Argentier de Charles VII |
Propriétaire éphémère (1435), confisqué ensuite. |
| Charles de Bigny - Commanditaire du logis Renaissance |
Fit construire l’aile Louis XII (1500–1505). |
| Anatole de Chevenon - Restaurateur (XIXe siècle) |
Réhabilita château et jardins (1855–1860). |
| Jean-Baptiste Colbert - Ancêtre des propriétaires |
Ministre de Louis XIV, lié à la famille. |
| Marie-Sol de La Tour d’Auvergne - Créatrice de la Route des Jardins |
Développa le tourisme régional (1988). |
Origine et histoire du Château d'Ainay-le-Vieil
Le château d'Ainay-le-Vieil, édifié au XIVe siècle sur les vestiges d’une forteresse du XIIe, doit son aspect actuel à Gilles de Sully (vers 1330), qui modernisa l’enceinte octogonale irrégulière entourée de douves. Stratégiquement situé sur l’ancienne frontière entre domaines francs et aquitains, puis entre royaumes de France et d’Angleterre, il fut un bastion clé pendant la guerre de Cent Ans, restant français après la défaite de Poitiers (1356). La famille de Sully, puis les Culan et Jacques Cœur (qui l’acheta en 1435 avant sa disgrâce) se succédèrent avant son acquisition en 1467 par les Bigny, toujours propriétaires après six siècles.
Entre 1500 et 1505, Charles de Bigny fit construire un logis pré-Renaissance de style Louis XII, marquant la transition entre gothique et Renaissance. La chapelle (vers 1527), ornée de peintures murales attribuées à Jean Boucher, et les cheminées monumentales illustrent cette période faste. Le château, épargné par la Révolution malgré la décapitation du marquis de Bigny, fut restauré au XIXe siècle par Anatole de Chevenon, qui aménagea un parc paysager de 7 hectares et créa des chartreuses près du Carré en île, transformé en potager.
Les jardins, structurés autour de canaux et de pavillons du XVIIe siècle, évoluèrent en un ensemble remarquable : roseraie de roses anciennes (dont la rose Colbert, créée en 1989), cinq chartreuses thématiques (verger sculpté, cloître des Simples), et parterres de broderie. Classé Monument Historique en 1968 (château) et 1998 (jardins), le domaine reçut en 2022 le Grand Trophée Dassault pour ses jardins. Ouvert au public depuis 1954, il propose aujourd’hui chambres d’hôtes, expositions et spectacles Son et Lumière, perpétuant son rôle culturel.
L’enceinte médiévale, surnommée « le petit Carcassonne », conserve neuf tours crénelées et un châtelet d’entrée. Le logis Louis XII, en brique et pierre, intègre des influences italiennes (loggias, arcs en anse de panier) et une tour d’escalier inspirée du château de Meillant. Les intérieurs abritent des cheminées ornées des emblèmes de Louis XII et Anne de Bretagne, ainsi que des peintures du XVIe–XVIIe siècles récemment restaurées. Le parc, marqué par la tempête de 1984, fut entièrement réhabilité pour mettre en valeur ses essences rares (cyprès chauves) et son système hydraulique historique (douves, canaux alimentant moulin et lavoir).