Origine et histoire du Château d'Arques
Le château d'Arques, édifié à la fin du XIIIe siècle, est une ancienne maison forte située dans le département de l'Aude, en Occitanie. Classé monument historique en 1887, il se distingue par son donjon carré de 25 mètres, flanqué de quatre tourelles circulaires, et son enceinte presque carrée de 51 × 55 mètres. Ce site, intégré aux châteaux du pays cathare, illustre l’architecture militaire gothique inspirée d’Île-de-France, avec des éléments défensifs comme des archères et des mâchicoulis.
Les origines du château remontent à la croisade contre les Albigeois. En 1231, après la prise du château de Termes, Simon IV de Montfort attribue les terres d’Arques à Pierre de Voisins, l’un de ses lieutenants. En 1284, Gilles de Voisins entame la construction du château pour défendre la vallée du Rialsès et contrôler les voies de transhumance. Le donjon, achevé vers 1316 par Gilles II de Voisins, devient un symbole de pouvoir seigneurial, avec des salles voûtées et des décors sculptés.
Au XIIe siècle, la région est marquée par des conflits entre le vicomte de Carcassonne et les seigneurs locaux, dont ceux d’Arques. En 1217, Béranger d’Arques est cité parmi les proches de Guillaume de Peyrepertuse. En 1265, Pierre de Voisins, seigneur du lieu, condamne des sorciers sous sa juridiction, reflétant les tensions religieuses de l’époque. Le château, délaissé au XVIe siècle après le mariage de Françoise de Voisins avec Jean de Joyeuse, est assiégé par les huguenots en 1575, seul le donjon résistant.
À partir de la Révolution, le château tombe en ruine et est vendu comme bien national. Classé en 1887, il est partiellement restauré et ouvert au public. Son plan architectural, combinant donjon central, tours d’angle et courtines, en fait un exemple remarquable de maison forte médiévale, bien que dépourvu du statut de château. Les vestiges, comme les latrines, les voûtes ogivales et les sculptures, témoignent de son importance stratégique et résidentielle.
Le site, aujourd’hui propriété mixte (communale et privée), conserve des éléments défensifs comme une porte à assommoir ornée des armes des Voisins. Le donjon, chef-d’œuvre militaire, pouvait abriter une quarantaine de soldats grâce à ses archères symétriques. Les salles, aménagées avec soin, reflètent une architecture savante, adaptée aux enjeux politiques et religieux du Languedoc médiéval.