Origine et histoire du Château d'Estang
Le château d'Estang, situé à Marmanhac dans le Cantal (Auvergne-Rhône-Alpes), est une gentilhommière dont l’histoire s’étend du XVe au XVIIIe siècle. Le corps de bâtiment actuel, édifié au XVIIe siècle, repose sur les fondations d’un édifice du XVe siècle, dont subsistent des contreforts circulaires et une porte nord. Sa façade principale, orientée à l’est, présente un portail voûté en anse de panier encadré de colonnes ioniques, typique des influences architecturales de l’époque.
À l’intérieur, un escalier à mur-noyau du XVIIe siècle, soutenu par des voûtes d’ogives à clés circulaires, mène à un oratoire aménagé dans une cage de bois. Cet oratoire conserve les vestiges d’un autel avec retable, témoignant de l’importance religieuse du lieu. Le château, inscrit monument historique en 2005, illustre l’évolution architecturale entre Moyen Âge et époque moderne, tout en préservant des éléments défensifs médiévaux comme les bases d’un ancien donjon.
Le domaine appartient dès le XIIIe siècle à la famille Malpel, puis passe par alliance aux Vigneroux, qui le conservent jusqu’au XVIIIe siècle. Antoine-Louis d’Estang, dernier héritier de cette lignée, lègue le château à sa veuve, Guillemette Green de Saint-Marsault. Celle-ci se remarie en 1753 avec Jean-Joseph de Scorailles, sans descendance, marquant la fin de cette période familiale. Au XIXe siècle, le château est acquis par Louis Geneste, notaire royal d’Aurillac, dont le fils Jean-Baptiste Geneste, lieutenant civil, et le petit-fils Émile, maire d’Aurillac, en deviennent les propriétaires successifs.
Les archives du château, riches en documents historiques, ont été transférées en 2009 aux Archives départementales du Cantal. Bien que le château ne se visite pas, son inscription au titre des monuments historiques en 2005 souligne sa valeur patrimoniale. Les éléments protégés incluent le logis, les vestiges du XVe siècle, et le portail nord, reflet des traités d’architecture de la Renaissance.
Le site conserve également des traces de son passé seigneurial, comme les caves médiévales et les chapiteaux ioniques du portail, qui rappellent les modèles diffusés par les ouvrages théoriques de l’époque. L’absence de visite publique préserve son caractère privé, tout en permettant aux chercheurs d’étudier son histoire via les archives départementales. Son architecture hybride, mêlant défenses médiévales et élégance classique, en fait un témoin remarquable de l’évolution des châteaux en Haute-Auvergne.