Origine et histoire du Château de Bourlémont
Le château de Bourlémont, situé à Frebécourt dans les Vosges, est un édifice médiéval construit sur un promontoire à 400 mètres d’altitude, dominant le confluent de la Meuse et de la Saônelle. Son origine remonte au XIe siècle, mais c’est au XIIe siècle que les évêques de Toul y édifient un premier château modeste, en réponse à la fortification de Neufchâteau par les ducs de Lorraine. Occupé par des hommes d’armes dirigés par la famille de Brixey, il devient une seigneurie mentionnée pour la première fois en 1184.
Au XIIIe siècle, Joffroy de Bourlémont, sénéchal de Navarre, reconstruit le château après son retour de Terre sainte, conservant son emplacement stratégique pour protéger Domrémy. Les grosses tours rondes visibles aujourd’hui datent de cette période. La seigneurie s’éteint en 1412 avec Pierre de Bourlémont, année de la naissance de Jeanne d’Arc, dont l’histoire est liée à celle de Béatrice de Bourlémont, citée lors du procès de réhabilitation de la sainte en 1456.
Le château passe ensuite aux mains des barons d’Anglure, qui le transforment entre les XVe et XVIe siècles : construction d’un logis à deux étages, d’une chapelle gothique flamboyant (Saint-Vincent), et d’une aile sud. Pendant les guerres de Religion, des meurtrières sont ajoutées pour l’artillerie. Au XIXe siècle, la famille d’Alsace-Hénin-Liétard le convertit en résidence d’agrément, avec un parc à l’anglaise dessiné par Paul de Lavenne de Choulot. Au XXe siècle, la famille de Rohan-Chabot réaménage les jardins dans un style classique, sous la direction d’Achille Duchêne.
En 1977, le château est partiellement classé Monument Historique pour ses façades, toitures, la chapelle et un plafond remarquable. Après deux siècles sous les Rohan-Chabot, il est vendu en 2024 à la famille Oudin, qui entreprend des travaux pour en faire un lieu d’accueil touristique (chambres, réceptions) à partir de 2025. Depuis août 2024, il propose déjà des événements grand public, comme des soirées aux chandelles.
Le château conserve un aspect féodal marqué par quatre tours rondes à toits « en poivrières » côté est, tandis que les corps de logis du XVIe siècle bordent une cour intérieure. La chapelle Saint-Vincent, de style gothique flamboyant, abrite des tombeaux seigneuriaux. Le parc, redessiné au XIXe siècle, mêle prairies, bosquets et allées, avec un jardin à la française ajouté dans les années 1930.
Son histoire est étroitement liée à celle de Jeanne d’Arc, née à Domrémy voisine, et à des familles nobles comme les Brixey, les Anglure ou les Rohan-Chabot. Aujourd’hui, il allie patrimoine médiéval, transformations Renaissance et aménagements paysagers, tout en s’ouvrant au public pour des visites et des animations culturelles.