Frise chronologique
1250
Arrivée des Boschaud
Arrivée des Boschaud
1250 (≈ 1250)
Famille militaire venue de Dordogne.
1484
Reconstruction autorisée
Reconstruction autorisée
1484 (≈ 1484)
Permission de Jean de Rochechouart pour Jean de Brie.
1485
Mariage de Jean de Brie
Mariage de Jean de Brie
1485 (≈ 1485)
Avec Jeanne de Hautefort, occasion des travaux.
1545
Vente du domaine
Vente du domaine
1545 (≈ 1545)
Extinction des Boschaud de Brie.
1793
Dévastation révolutionnaire
Dévastation révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Château endommagé pendant la Révolution.
1845
Restauration par Bouland
Restauration par Bouland
1845 (≈ 1845)
Rachat et réparations par Stéphane Bouland.
1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1984 (≈ 1984)
Protection des façades, grange et pigeonnier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du château, y compris la tour carrée abritant l'escalier ; les façades et toitures de la grange ; le pigeonnier (cad. F 11, 15) : inscription par arrêté du 8 octobre 1984
Personnages clés
| Jean Boschaud de Brie - Écuyer et seigneur de Brie |
Commanditaire de la reconstruction en 1484. |
| Jeanne de Hautefort - Épouse de Jean de Brie |
Mariage à l’origine des travaux. |
| Jean de Rochechouart - Vicomte de Rochechouart |
A autorisé la construction en 1484. |
| Mademoiselle de Vassan - Héritière et marquise |
Propriétaire au XVIIIe siècle, épouse de Mirabeau. |
| Victor Riqueti de Mirabeau - Père du tribun révolutionnaire |
Géra le domaine via son épouse. |
| Stéphane Bouland - Consul et restaurateur |
Racheta et répara le château en 1845. |
Origine et histoire
Le château de Brie, situé à Champagnac-la-Rivière en Haute-Vienne, fut autorisé à être reconstruit en 1484 par Jean de Rochechouart pour Jean Boschaud de Brie, écuyer, à l’occasion de son mariage avec Jeanne de Hautefort. Ce monument remplace probablement une ancienne fortification médiévale, comme le suggèrent les fondations en granit découvertes dans les caves. La construction, typique des maisons fortes limousines de la fin du XVe siècle, combine éléments défensifs (tours rondes, mâchicoulis, pont-levis) et habitables (grandes fenêtres, salons boisés). L’escalier à vis de 84 marches en granit, couronné d’une voûte gothique flamboyant, dessert trois étages et une chambre dite « de la pucelle » sous les combles.
La seigneurie de Brie, attestée dès le XIIe siècle, passa des Boschaud de Brie (éteints en 1545) à la famille Chouly de Permangle, puis par alliance à Victor Riqueti de Mirabeau, père du célèbre tribun révolutionnaire. Le château, dévasté en 1793, fut racheté en 1845 par Stéphane Bouland, consul du Roi de Sardaigne à New York, qui le restaura. Une inscription latine au-dessus de l’entrée commémore ces événements. La propriété inclut aussi une grange médiévale fortifiée (XIIIe–XVe siècle), dotée d’échauguettes et de meurtrières, peut-être liée à la collecte des redevances pendant les guerres de Religion. Classée Monument Historique en 1984, la grange et les façades du château sont protégées.
À l’intérieur, le premier étage conserve des parquets en chêne d’origine et deux salons ornés de boiseries et gypseries ajoutées vers 1900. Le domaine, toujours propriété des descendants de la famille Bouland (comtes du Manoir de Juaye), comprend également un colombier du XVIe siècle. L’architecture reflète la transition post-Guerre de Cent Ans, où les châteaux perdirent leur vocation purement défensive pour gagner en confort, tout en gardant des éléments symboliques de pouvoir, comme les tours et les fossés.
Le site illustre aussi les dynamiques sociales de la région : les Boschaud de Brie, militaires devenus seigneurs, tirent leur nom de la colonisation romaine du Limousin, où les terres étaient attribuées aux soldats. La richesse de Mademoiselle de Vassan, héritière d’un vaste territoire incluant des baronnies, contraste avec le déclin post-révolutionnaire du domaine, sauvé par l’intervention de Stéphane Bouland, homme d’affaires ayant fait fortune en Amérique. Le château mêle ainsi histoire locale, architecture militaire adaptée et héritages familiaux complexes.