Origine et histoire du Château de Castries
Le château de Castries, classé monument historique, domine la ville du même nom près de Montpellier, dans l’Hérault. Surnommé « le Petit Versailles du Languedoc », il fut construit au XVIIe siècle sur les bases d’un ancien château fort médiéval rasé en 1622. Ses origines remontent à la famille de La Croix, qui acquiert la baronnie en 1495, tandis que les voûtes d’ogives du rez-de-chaussée de l’aile nord sont les seuls vestiges du XIIIe siècle encore visibles aujourd’hui. Le domaine illustre cinq siècles d’histoire liée à celle du village, marquée par des guerres, des épidémies, et des transformations architecturales majeures.
En 1622, le duc de Rohan, chef des Églises réformées, ordonne la démolition des murailles et le comblement des fossés pour défendre Montpellier, alors place protestante assiégée par les troupes de Louis XIII. Le château actuel, conçu à partir de 1645 par l’architecte Jean Bonnassier, devait former un U avec trois corps de logis, mais seul deux furent achevés. Les façades, cantonnées de pavillons carrés, suivent un modèle montpelliérain rigoureux, tandis que les toits à brisis, récemment restaurés, rappellent l’influence classique du XVIIe siècle.
Le parc et les jardins, aménagés selon les plans d’André Le Nôtre, jardinier de Versailles, furent alimentés en eau dès 1670 par un aqueduc de 6 822 mètres conçu par Pierre-Paul Riquet, ingénieur du canal du Midi. La source de Fontgrand, captée pour irriguer les terrasses et les fontaines, symbolise l’ambition hydraulique du domaine. En 1930, les parterres de topiaires furent remplacés par des fontaines et des portes d’ifs, modernisant l’esprit classique du lieu.
Classé monument historique en 1966, le château fut légué à l’Académie française en 1985 par le comte René de La Croix de Castries, dernier héritier de la famille. Vendu à la commune en 2013, il fait l’objet depuis 2017 d’une restauration majeure, incluant les intérieurs et le mobilier. Bien que fermé au public en 2022, le domaine reste un témoignage exceptionnel du patrimoine languedocien, alliant architecture, histoire et art des jardins.
Les protections successives (inscriptions en 1943 et 2003, classement en 2004) couvrent l’ensemble du domaine, y compris l’aqueduc, classé dès 1949. Ces mesures soulignent la valeur patrimoniale d’un site où se croisent les héritages médiéval, classique et moderne, reflétant les évolutions politiques, sociales et artistiques du Languedoc depuis le Moyen Âge.