Frise chronologique
1219
Transaction financière
Transaction financière
1219 (≈ 1219)
Raymundus de Duin caution pour le comte de Genève.
1296
Cession partielle de la seigneurie
Cession partielle de la seigneurie
1296 (≈ 1296)
Rodolphe de Duin vend une partie à Amédée II.
1530
Vente au duc de Genevois-Nemours
Vente au duc de Genevois-Nemours
1530 (≈ 1530)
Louise de Duingt, dernière héritière, cède le château.
1698
Acquisition par les de Sales
Acquisition par les de Sales
1698 (≈ 1698)
François-Nicolas de Sales devient comte de Duingt.
1793
Cachage des reliques
Cachage des reliques
1793 (≈ 1793)
Corps de saints François et Jeanne de Chantal.
1796
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1796 (≈ 1796)
Achat par Jean Berthet de Bossey.
1839
Restauration par Ruphy
Restauration par Ruphy
1839 (≈ 1839)
Ajout de toitures à la Mansart.
1988 et 1994
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1988 et 1994 (≈ 1994)
Pavillon (1988) et château (1994).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pavillon-embarcadère en bordure du lac (cad. AD 44) : inscription par arrêté du 1er décembre 1988 ; Château, y compris l'ensemble des décors intérieurs du XVIIIe siècle et les terrasses avec leurs murs de soutènement (cad. AD 41 à 43) : inscription par arrêté du 4 août 1994
Personnages clés
| Raymundus de Duin - Seigneur de Duin |
Caution pour le comte de Genève en 1219. |
| Louise de Duingt - Dernière héritière |
Vend le château en 1530. |
| François-Nicolas de Sales - Comte de Duingt |
Acquiert le château en 1698. |
| Paul-François de Sales - Général de cavalerie |
Crée le salon chinois au XVIIIe. |
| Benoît-Maurice de Sales - Écuyer de la comtesse d’Artois |
Aménage le salon de musique. |
| Scipion Ruphy - Baron et restaurateur |
Ajoute des éléments néomédiévaux en 1839. |
Origine et histoire
Le château de Châteauvieux, aussi appelé château Ruphy, est une ancienne maison forte transformée aux XVIIIe et XIXe siècles. Situé sur un rocher émergé du lac d’Annecy, il contrôlait historiquement la navigation entre l’Italie et Genève, complétant le système défensif local. Son emplacement pittoresque en a fait un sujet prisé des peintres comme Cézanne ou des photographes.
D’origine médiévale (Castrum Vetus), le château appartenait dès le XIIIe siècle à la famille de Duin, vassale des comtes de Genève. En 1219, Raymondus de Duin est mentionné dans une transaction financière avec Guillaume II de Genève. En 1296, Rodolphe de Duin cède partiellement la seigneurie de Duingt au comte Amédée II, tout en conservant Châteauvieux. La famille de Duin le garde jusqu’en 1530, date à laquelle Louise de Duingt, dernière héritière, le vend au duc Philippe de Genevois-Nemours.
Le château change plusieurs fois de mains : acquis en 1673 par Gaspard Jodoc Stockalper, puis revendu en 1681 aux Monthouz, il est finalement acheté en 1698 par François-Nicolas de Sales. Ce dernier, comte de Duingt, y reçoit des intellectuels genevois comme les Tronchin et les Lullin. Au XVIIIe siècle, Paul-François de Sales, général de cavalerie, y aménage un salon chinois, tandis que son neveu Benoît-Maurice ajoute un salon de musique accessible en barque, où sa femme jouait de la harpe.
Pendant la Révolution, les corps de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal y sont cachés en 1793 pour échapper aux révolutionnaires. Le château est vendu comme bien national en 1796. Au XIXe siècle, le baron Scipion Ruphy y ajoute des éléments néomédiévaux (toitures à la Mansart, crénelages). Son architecture actuelle mêle une tour cylindrique du XIIIe siècle, des défenses avancées, et des décors intérieurs du XVIIIe (boiseries, toiles italiennes représentant des chinoiseries).
Classé Monument Historique en 1994 (château) et 1988 (pavillon-embarcadère), le domaine comprend aussi des terrasses et un embarcadère en bord de lac. Son histoire reflète les luttes de pouvoir en Savoie, entre familles nobles, comtes de Genève, et ducs de Savoie, avant son rôle culturel et artistique aux XVIIIe et XIXe siècles.
Devenir actuel
Sa position sur le lac d'Annecy en fait un sujet de prédilection pour les peintres, comme Cézanne, Louis Glasser, Jean-Pierre Serralongue ou encore Suzanne Lansé, ainsi que pour les photographes.