Patrimoine classé
Les restes du château : classement par décret du 13 août 1924 - Les éléments suivants des remparts (cf plan annexé à l'arrêté) : bastion sud-est, fin XVIe siècle (cad. AK 192) , bastion sud, fin XVIe siècle (cad. AK 184) , rempart de liaison entre les bastions sud et sud-est (cad. AK 190, 191) , tour médiévale de l'ancienne enceinte de la ville (cad. AK 206) , tour ronde de l'ancienne enceinte de la ville dite "cul chaud" (cad. AK 38) , terrains d'assiette du système de défense entre le château médiéval et les deux bastions sud, fin XVIe siècle (cad. AK 186 à 191, 193 à 196, 155 à 158) , les douves nord du château (cad. AK 148, 149) , le pont maçonné reliant la rue du Château au château (non cadastré) , les terrains d'assiette des douves ouest du château (cad. AK 153, 154) , les sols nus des fossés (glacis de protection avancés sous les bastions) (cad. AK 159, 169 à 171, 185, 755, 180, 181, 754, 183, 748, 749) : inscription par arrêté du 30 août 2004
Personnages clés
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| François II de Bretagne |
Duc de Bretagne ayant agrandi et renforcé le château au XVe siècle. |
| François-Frédéric Lemot |
Sculpteur ayant acquis et restauré les vestiges du château au XIXe siècle. |
Origine et histoire du Château de Clisson
Le château de Clisson, ruiné pendant la Révolution puis partiellement restauré, occupe l’extrémité d’un promontoire granitique dominant la rive gauche de la Sèvre Nantaise, sur la commune de Clisson (Loire-Atlantique). Édifié par les seigneurs de Clisson du XIe au XVe siècle, il constitue l’une des principales places fortes des marches de Bretagne, en vis-à-vis des bastions de Tiffauges et de Montaigu. D’abord modeste castrum de bois, l’ouvrage se transforme progressivement en forteresse de pierre ; les parties les plus anciennes encore visibles datent du début du XIIIe siècle. L’enceinte primitive, de plan polygonal, est flanquée de tours cylindriques et isolée du plateau par un fossé, avec une barbacane protégeant l’accès nord. Après des démolitions liées aux conflits seigneuriaux, des aménagements importants sont réalisés au XIVe siècle, avec la création d’un châtelet puis d’un donjon quadrangulaire. Le château devient propriété ducale puis, sous François II de Bretagne, est agrandi et renforcé à l’ouest par une seconde enceinte équipée de tours et d’ouvrages d’artillerie, créant plusieurs lignes de défense échelonnées. Résidence des Avaugour jusqu’au XVIIIe siècle, il subit des transformations et des adjonctions, notamment en tuffeau, avant d’être progressivement délaissé par ses propriétaires. Abandonné et spolié au milieu du XVIIIe siècle, le site est incendié en 1793 par les troupes républicaines lors de la guerre de Vendée, laissant le château en ruines et marqué par des événements tragiques. Le sculpteur François‑Frédéric Lemot acquiert et protège les vestiges au début du XIXe siècle pour en faire la fabrique d’un parc à l’italienne, la Garenne Lemot, et entreprend des travaux de consolidation et d’aménagement qui modifient certains éléments sans souci archéologique strict. Classé monument historique depuis le 13 août 1924, le château fait l’objet d’inscriptions complémentaires destinées aux fortifications et terrains attenants depuis le 30 août 2004. Racheté en 1962 par le conseil général de la Loire‑Atlantique, il a bénéficié de campagnes de restauration menées notamment entre 1974–1975, 1986–1989 et 1991–1993, avec l’appui du ministère de la Culture. Aujourd’hui propriété départementale, il est ouvert au public toute l’année et accueille des dispositifs d’interprétation, des vidéos et des manifestations culturelles. Architectoniquement, la forteresse associe un noyau castral circulaire dominé par un donjon carré et une tour cylindrique, des logis seigneuriaux, des cuisines et une chapelle privée dite Sainte‑Barbe. Les vestiges montrent des éléments défensifs divers : châtelet d’entrée, barbacanes successives, bastions et cavaliers, tours rondes et rectangulaires adaptées à l’artillerie, ainsi que des courtines et fossés intégrés aux remparts urbains. Le château s’inscrit aussi dans le système défensif de la cité, les remparts de la ville prolongeant et complétant les ouvrages castraux autour des portes et du moulin seigneurial. Ces ruines ont par ailleurs inspiré peintres, sculpteurs et écrivains romantiques, et continuent d’être un lieu de mémoire et de découverte du patrimoine médiéval et des aménagements postérieurs.