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Château de Feissons à Feissons-sur-Isère en Savoie

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Maison forte

Château de Feissons

  • Château de Feissons, Les côtes
  • 73260 Feissons-Sur-Isere
73260 Feissons-Sur-Isere, Château de Feissons, Les côtes

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1082
Destruction du premier château
1250
Investiture de Pierre d'Aigueblanche
1536
Prise par François Ier
1600
Démantèlement par Henri IV
1680
Érection en comté
1700
Inféodation aux habitants
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Humbert II de Savoie - Comte de Savoie Aurait détruit le premier château en 1082.
Pierre d'Aigueblanche - Seigneur de Briançon Investi du fief de Feissons en 1250.
Jean de Duyn - Baron de la Val-d'Isère Autorisé à dresser des fourches patibulaires en 1505.
François Ier - Roi de France Prit le château en 1536 pendant la guerre.
Henri IV - Roi de France Démantela le château en 1600.
Charles-Victor-Joseph de Saint-Thomas - Comte de Feissons Bénéficiaire de l'érection en comté en 1680.

Origine et histoire du Château de Feissons

Le château de Feissons, aussi appelé Feissons-sous-Briançon, est une ancienne maison forte édifiée au XIIIe siècle au cœur de la seigneurie éponyme. Situé sur un monticule escarpé à Feissons-sur-Isère (Savoie), il relevait initialement des vicomtes de Briançon, famille puissante de Tarentaise attestée dès l’an 900. Selon la légende, un premier château, détruit en 1082 par Humbert II de Savoie pour réprimer des actes de brigandage, précéda l’actuelle forteresse. Les vestiges actuels incluent un donjon cylindrique du XIIIe siècle et un logis quadrangulaire du XVIe, reflétant son évolution architecturale et stratégique.

Entre le XIIIe et le XVe siècle, le fief changea fréquemment de mains : la famille de Briançon en 1250, les Conflens en 1357, puis les Duyn (seigneurs de Val-d’Isère) à partir de 1427. En 1505, Jean de Duyn, vicomte de Tarentaise, obtint le droit d’y ériger des fourches patibulaires, symbolisant son autorité judiciaire. Le château fut pris et démantelé à deux reprises lors des guerres franco-savoyardes : en 1536 par François Ier, puis en 1600 par Henri IV, marquant les occupations françaises du duché de Savoie.

Au XVIIe siècle, la seigneurie fut érigée en comté (1680) au profit de Charles-Victor-Joseph de Saint-Thomas, avant d’être inféodée aux habitants de Feissons en 1700. L’architecte Étienne-Louis Borrel (XIXe siècle) décrivit un édifice hybride, à la fois manoir et forteresse, protégé par un fossé de 12 mètres et un donjon de 26 mètres de haut. Ses éléments défensifs (tourelles, chemin de ronde) et résidentiels (logis Renaissance) illustrent son double rôle militaire et seigneurial dans la vallée de la Tarentaise.

La structure originale, partiellement détruite, comprenait une enceinte barlongue enserrant le donjon médiéval et un logis flanqué de tourelles rondes. Le donjon, épais de 2,80 mètres à sa base, abritait des aménagements domestiques (cheminée, latrines) et une plateforme crénelée. Le logis, daté de 1536, présentait des baies en pierre de taille et une communication interne avec les tourelles. Ces vestiges, bien que fragmentaires, témoignent de l’importance stratégique du site aux confins de la Savoie et du Dauphiné.

Les sources historiques, comme les travaux d’Étienne-Louis Borrel ou de Michèle Brocard, soulignent le rôle du château dans les conflits locaux et son intégration dans le réseau féodal tarin. Sa destruction progressive, liée aux guerres et à l’abandon des fonctions militaires, en fit un symbole des luttes d’influence entre la Savoie et la France. Aujourd’hui, ses ruines offrent un aperçu de l’architecture castrale savoyarde, entre héritage médiéval et adaptations Renaissance.

La seigneurie de Feissons, érigée en comté tardivement, reflète les mutations politiques de la Savoie à l’aube des Temps modernes. L’inaliénation du fief aux habitants en 1700 marque une transition vers une gestion communautaire, rare pour l’époque. Ce statut particulier, combiné à sa position géographique près de Notre-Dame-de-Briançon, en fait un cas d’étude pour l’histoire des institutions locales en Tarentaise.

Liens externes

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