Origine et histoire du Château de Hac
Le château de Hac, situé à Le Quiou dans les Côtes-d’Armor, est un édifice emblématique de l’architecture ducale bretonne du XVe siècle. Construit entre 1440 et 1448 par Jean Hingant, chambellan et conseiller du duc François Ier de Bretagne, il remplace un manoir antérieur érigé vers 1380-1390 par Guillaume de Saint-André, diplomate du duc Jean IV. Ce premier manoir, dont il ne reste que les fondations, fut transmis à Arthur de Richemont, puis à la famille de Bintin, avant d’être confisqué à Jean Hingant en 1450 pour son implication dans l’assassinat de Gilles de Bretagne.
Le château actuel, en pierre calcaire des faluns, se compose de deux corps de logis : l’un à l’est, vestige d’un édifice antérieur, et l’autre à l’ouest, construit pour Jean Hingant. Il est flanqué de six tourelles, dont une abrite une chapelle domestique au troisième étage. L’intérieur conserve des dispositions typiques des résidences seigneuriales bretonnes, avec des salles d’apparat, des chambres privées, des latrines et des cheminées monumentales. Les fenêtres du rez-de-chaussée et la porte d’entrée, à forte mouluration, ont gardé leur aspect d’origine, tandis que celles du premier étage furent agrandies au XVIIe siècle.
Passé entre les mains des familles Tournemine et de Rieux, le château fut vendu en 1686 à la famille de Lopriac, qui entreprit des travaux majeurs, dont le remplacement de la charpente. En 1770, il fut acquis par Yves Reslou de la Tisonnais, maire de Dinan, avant d’être transformé en métairie. Sauvé de la ruine par une restauration entre 1927 et 1936, il fut classé monument historique en 1993 et ouvert au public en 1984. Ses abords, incluant les jardins médiévaux recréés entre 1980 et 1990, furent inscrits en 2012.
Le château illustre l’influence persistante de la cour ducale bretonne, avec une architecture homogène malgré des modifications mineures. Les diagnostics menés en 1997 ont révélé des peintures et un mobilier remarquables, tandis que les restaurations récentes (2010) ont permis de préserver ses menuiseries, vitraux et décors peints. Aujourd’hui, il constitue l’un des témoignages les plus intacts de l’âge d’or du duché de Bretagne, mêlant fonctions résidentielle, agricole et symbolique.
Son histoire reflète les turbulences politiques de la Bretagne médiévale, marquée par les rivalités entre familles nobles et leur proximité avec le pouvoir ducal. La confiscation du château en 1450, liée à l’assassinat de Gilles de Bretagne, souligne son rôle dans les intrigues de l’époque. Les transformations ultérieures, comme l’agrandissement des fenêtres au XVIIe siècle ou sa conversion en métairie, témoignent de son adaptation aux besoins successifs de ses propriétaires.