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Château de Joviac à Rochemaure en Ardèche

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Maison forte

Château de Joviac

  • Chemin de Mayour
  • 07400 Rochemaure
Crédit photo : Televerseur - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
1915 Boulevard de la Croix de la Lauze 07400 Rochemaure

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1594
Début de la construction
milieu XVIe siècle
Donjon existant
1660
Création du système hydraulique
1971
Première inscription MH
1990
Inscription des communs
2001
Classement du système hydraulique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château (cad. AM 185) : inscription par arrêté du 13 octobre 1971 - Les communs, l'enceinte et la chapelle (cad. AM 185, 190) : inscription par arrêté du 17 juillet 1990 - Le système hydraulique du domaine, y compris ses parties souterraines, avec le sol des parcelles cadastrales auxquelles il est lié, à savoir : la totalité des ouvrages hydrauliques et des parties non bâties des parcelles AM 180, 183, 184, 188 à 192, 195 à 197 du cadastre de Rochemaure ; le sol avec les canalisations qu'il contient, le vivier et le puits correspondant à la parcelle AM 185 du cadastre de Rochemaure (à l'exclusion des autres parties bâties concernées par les arrêtés d'inscription) ; la partie du grand barrage, sur le ruisseau de Joviac, située sur la parcelle CI 19 du cadastre de Le Teil (anciennement AB 301) , en complément de la partie classée de la parcelle AM 197 : classement par arrêté du 2 juillet 2001

Personnages clés

Jacques Ier de Joviac - Propriétaire et possible agronome Disciple présumé d’Olivier de Serres.
Olivier de Serres - Agronome et théoricien Influence possible sur Joviac.

Origine et histoire du Château de Joviac

Le château de Joviac, situé à Rochemaure en Ardèche, est un exemple remarquable d’architecture noble de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. Construit à partir de 1594, il intègre un donjon carré du milieu du XVIe siècle, initialement isolé par un fossé. L’édifice principal, flanqué de deux tours circulaires et d’une tour carrée, s’organise autour d’une cour d’honneur close de hauts murs. Son intérieur, réparti sur trois niveaux, reflète une organisation sociale stricte : rez-de-chaussée dédié aux pièces communes (cuisine, salle à manger, cave), premier étage réservé aux chambres et à une salle de réception, et second étage destiné aux serviteurs. Les ouvertures régulières et les greniers à orifices circulaires rappellent les magnaneries locales, témoignant de l’activité séricicole de la région.

Les dépendances du domaine, organisées en un vaste ensemble en « U », illustrent son rôle économique et social. À l’ouest, une ancienne salle de moulinage surmontée d’une magnanerie coexiste avec une « maison des pauvres », où les seigneurs distribuaient des vivres jusqu’à la Révolution. Le parc, ceint d’une grille du XIXe siècle, abrite des chênes et platanes datant du XVIIIe siècle, ainsi qu’une chapelle aménagée dans une tour de défense, une orangerie-pigeonnier, des terrasses cultivées (potager, verger, ruches), et des bâtiments utilitaires (écurie, four à pain, vivier). Ces éléments soulignent l’autosuffisance du domaine et son adaptation aux activités agricoles et artisanales locales, notamment la culture de la soie.

Le système hydraulique, créé en 1660, constitue une innovation majeure pour l’époque. Un barrage sur le ruisseau de Joviac alimente un aqueduc à arcades traversant le parc, permettant au moulinage de la soie de fonctionner toute l’année. Ce dispositif, classé Monument Historique en 2001 avec d’autres parties du domaine, atteste de la rationalité technique des propriétaires et de leur intégration dans l’économie régionale. Les inscriptions successives (1971 pour les façades, 1990 pour les communs et la chapelle) et le classement partiel en 2001 soulignent la valeur patrimoniale exceptionnelle de l’ensemble, à la fois architectural, agricole et industriel.

Les sources historiques mentionnent Jacques Ier de Joviac comme possible disciple d’Olivier de Serres, pionnier de l’agronomie française. Cette hypothèse, évoquée dans les travaux de Daniel Bouix (2007), suggère que le domaine aurait appliqué des méthodes agricoles innovantes pour l’époque, en lien avec les réseaux de savants ardéchois. Les jardins de Joviac, étudiés par Françoise Conac (2010, 2015), révèlent une organisation paysagère fonctionnelle, mêlant plantes médicinales, vergers et espaces de production. Ces éléments placent le château au cœur d’un territoire marqué par l’expérimentation agricole et l’adaptation aux ressources locales, entre Rhône et plateau du Coiron.

Liens externes

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