Origine et histoire du Musée d'art et d'histoire militaire
Le château de l'Empéri est une fortification érigée au IXe siècle sur le rocher du Puech, dominant la plaine de la Crau à Salon-de-Provence. Résidence des archevêques d'Arles et des empereurs germaniques, son nom provient du terme provençal Empèri (empire). Classé monument historique en 1956, il incarne aujourd’hui un patrimoine culturel majeur, attirant des centaines de milliers de visiteurs annuellement.
Le château abrite trois entités muséales : le musée de l’Armée (annexe des Invalides), présentant des uniformes, armes et objets emblématiques de l’Ancien Régime à la Première Guerre mondiale, dont des reliques de Napoléon Ier comme son lit de Sainte-Hélène ou des gants portés en Égypte. Les collections proviennent de la vente à l’État en 1967 de la collection Raoul & Jean Brunon, axée sur l’évolution de l’uniforme français et la vie des soldats.
Le musée de Salon et de la Crau, né en 1926 sous le nom de musée du Vieux-Salon, retrace l’histoire locale de l’Antiquité au XXe siècle, couvrant archéologie, savonnerie, agriculture et art religieux. Une salle dédiée au peintre Théodore Jourdan, ouverte en 2008, expose ses toiles et dessins inspirés des paysages provençaux. Le Jardin des Simples, adjacent, cultive des plantes médicinales utilisées par Nostradamus pour ses recettes, tandis que le musée qui lui est consacré se situe hors les murs, au pied du château.
Classé parmi les Musées de France, le site accueille aussi des festivals estivaux comme L’été au château (concerts, théâtre) ou les Fêtes Renaissance, reconstitutions historiques médiévales animant le centre-ville. La cour Brunon, au sein du château, héberge des associations culturelles, dont le conservatoire municipal. À ses pieds, la place des Centuries offre une vue sur la vieille ville et l’église Saint-Michel.
Le lycée de l’Empéri, voisin du château, était réputé pour sa préparation à l’École de l’air de Salon-de-Provence, formant des élèves aspirant à intégrer l’armée de l’air ou la Patrouille de France. Sa cantine, dirigée par un chef renommé, a fait l’objet de reportages télévisés pour la qualité de ses repas, notamment celui de Noël.
Parmi les pièces phares des collections militaires figurent des objets liés à des figures historiques : un bicorne du général Ritay, un dolman du baron Testot-Ferry, ou le sabre d’Abdel Kader, source de tensions diplomatiques avec l’Algérie. Le château, avec Nostradamus et le centre historique, forme un trio patrimonial indissociable de l’identité salonise.