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Château de Larringes en Haute-Savoie

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Maison forte
Haute-Savoie

Château de Larringes

    Le Bourg 
    74500 Larringes

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIe siècle
Tombes découvertes
Xe siècle
Construction initiale
1284-1289
Citation de Jacquet de Larringes
1334
Cession aux comtes de Savoie
1341
Reconstruction par Guillaume de Châtillon
milieu XIIIe siècle
Restauration par Rodolphe de Larringes
1439
Vente à la famille d’Allinges
1536
Destruction par les Bernois
1564
Traité de Lausanne
1843
Fin de la possession des marquis d’Allinges
1858
Vente à des cultivateurs
1884
Transformations majeures
1942
Acquisition par le Marquis de Pasquier
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Rodolphe de Larringes - Seigneur local Restaure la forteresse au XIIIe siècle.
Jacquet de Larringes - Seigneur cité Mentionné entre 1284 et 1289.
Guillaume de Châtillon - Vassal des comtes de Savoie Reconstruit le château en 1341.
Jean de Châtillon - Dernier propriétaire de la famille Châtillon Cède le château à Jeannette de Neuvecelle.
Jeannette de Neuvecelle - Épouse de Jean Tornier Apporte Larringes en dot.
Antoine d’Allinges - Baron de Larringes Bénéficiaire de l’érection en baronnie (1564).
Joseph-Prosper d’Allinges-Coudrée - Dernier marquis propriétaire Décède en 1843, mettant fin à leur possession.
Marquis Antoine de Pasquier de Franclieu - Propriétaire (1942-1987) Acquiert le château après la Seconde Guerre.

Origine et histoire

Le château de Larringes est une ancienne maison forte édifiée au Xe siècle sur un site occupé dès l’Antiquité, comme en témoignent les vestiges romains et les tombes du VIe siècle découvertes sur place. Situé dans le pays de Gavot, sur la commune de Larringes (Haute-Savoie), il occupait une position stratégique avec une vue s’étendant des Alpes bernoises au Mont-Blanc, en passant par le Jura et le Fort l'Écluse. Ce point de surveillance naturel en faisait un lieu clé pour le contrôle militaire et territorial.

La forteresse est restaurée au XIIIe siècle par Rodolphe de Larringes, puis mentionnée entre 1284 et 1289 sous le nom de Jacquet de Larringes. Au début du XIVe siècle, elle passe aux mains des comtes de Savoie, qui la cèdent en 1334 à Guillaume de Châtillon, vassal savoyard. Ce dernier reconstruit le château en 1341, marquant une phase majeure de son évolution architecturale. La propriété change ensuite de mains à plusieurs reprises : vendue en 1439 à la famille d’Allinges, elle reste entre leurs mains jusqu’en 1843, malgré les destructions infligées par les Bernois en 1536 pendant les conflits du Chablais.

En 1564, le traité de Lausanne permet à Emmanuel-Philibert de Savoie de restituer le Chablais occidental et d’ériger Larringes en baronnie au profit d’Antoine d’Allinges. Le château, profondément remanié en 1884 (fossés comblés, transformations majeures), est vendu en 1858 à des cultivateurs, puis acquis en 1942 par le Marquis Antoine de Pasquier de Franclieu. Endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, il est finalement restauré par la famille De Stoutz. Aujourd’hui, ce monument privé, inaccessible à la visite, conserve une enceinte quadrangulaire du XIVe siècle, flanquée d’un donjon carré et de logis organisés autour d’une cour.

Architecturalement, le château se caractérise par une enceinte de 23 × 35 mètres, originellement fossoyée, et une tour donjon de 8 mètres de côté. L’accès était protégé par un châtelet encadré de deux tours, tandis que les appartements intérieurs arboraient des plafonds sculptés. Malgré les modifications du XIXe siècle, le site reste un exemple emblématique des maisons fortes savoyardes, mêlant héritage médiéval et adaptations ultérieures.

Les sources historiques, dont les travaux de Christian Regat, François Aubert, et Georges Chapier, soulignent son importance stratégique et son rôle dans les dynamiques féodales de la région. Les fouilles archéologiques ont révélé des traces d’occupation bien antérieures à sa construction, confirmant son ancrage dans un territoire marqué par les échanges entre la Savoie, le Léman, et les vallées alpines.

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