Inscription aux Monuments historiques 2006 (≈ 2006)
Protection des façades, douves et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'allée reliant le château au cour du village, avec ses talus et arbres d'alignement ; la plate-forme, avec ses douves et leurs aménagements (murs de soutènement, viviers et systèmes défensifs : vestiges des anciennes tours, pont, ancien pont-levis, le portail vers le jardin potager .) ; les façades et toitures de la partie sud-ouest du logis ; en totalité : l'escalier et la partie nord-est du logis, l'ancien donjon et la chapelle ainsi que l'ancien jardin potager, avec ses murs de clôture ; les façades et toitures des bâtiments de communs et l'ancienne fuye marquant l'angle sud de la plate-forme (cad. B2 745, 294, 692, 282) : inscription par arrêté du 30 octobre 2006
Personnages clés
Hamelinus Cognonime Livaricus - Seigneur féodal
Premier propriétaire connu au XIe siècle.
Robert de Gorron - Seigneur de Lévaré
Possède le domaine à la fin du XIe siècle.
Jean des Vaux - Constructeur du château
Épouse *Marie de Lévaré* en 1539.
Pierre Honoré des Vaux - Dernier descendant notable
Meurt de la peste en 1773 à 20 ans.
René Augustin Bellot de Gousse - Archiviste
Classe le Chartrier de Lévaré en 1783.
Maurice Le Ray d'Abrantès - Duc d'Abrantès
Titré en 1870 par Napoléon III.
M. Héliot - Résistant déporté
Arrêté par les SS pendant la Seconde Guerre mondiale.
Origine et histoire
Le château de Lévaré trouve ses origines au XIe siècle, lorsque le site féodal appartient à la famille de chevalerie Hamelinus Cognonime Livaricus, puis à Robert de Gorron, seigneur de Lévaré et de la Tannière. À cette époque, le domaine relève de la châtellenie de Pontmain et bénéficie de droits honorifiques dans les églises locales. Le titre de baron, puis de marquis (à partir de 1650), reste personnel aux seigneurs successifs, sans transmission héréditaire. Les aveux de 1453, 1518 et 1573 documentent l’étendue des propriétés attachées à la seigneurie, révélant une organisation féodale complexe et des biens dispersés.
En 1539, Jean des Vaux épouse Marie de Lévaré et entreprend la construction du château actuel, marquant le début d’une longue lignée de propriétaires issus de cette famille. Pendant plus de trois siècles, les des Vaux occupent les lieux, y apportant des modifications architecturales majeures, comme la reconstruction de la chapelle en 1733 sous le vocable de Saint-Jean et Saint-Michel. Les descriptions du XVIIIe siècle évoquent un ensemble imposant, avec douves, pont-levis (remplacé plus tard par un pont de pierre), et un alignement rectiligne caractéristique, malgré des remaniements ultérieurs.
Au XVIIIe siècle, le marquis de Montécot — dont la mère, Olive des Vaux, avait épousé un membre de cette famille — fait transférer les archives et meubles du château vers la Manche. Ces documents, classés par René Augustin Bellot de Gousse en 1783, forment le Chartrier de Lévaré, aujourd’hui partiellement conservé aux Archives départementales de la Mayenne. Ce chartrier offre un aperçu précieux de la gestion seigneuriale et des transformations du domaine avant la Révolution.
Au XIXe siècle, le château change de mains : vendu à Mme Le Ray après le mariage d’Olive des Vaux, il passe ensuite à son fils, Maurice Le Ray d'Abrantès, qui épouse Jeanne Junot, petite-fille du général Junot. Ce dernier obtient le titre de duc d'Abrantès en 1870 par Napoléon III, titre héréditaire qui marque l’apogée sociale de la famille. Andoche Le Ray d'Abrantès, maire de Lévaré en 1917, perpétue cette lignée jusqu’en 1950, malgré les épreuves de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle le château abrite un poste de commandement allemand.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le château est le théâtre d’un drame : M. Héliot, résistant et gendre du duc, est dénoncé, arrêté par les SS et déporté en camp de concentration. Après 1950, le domaine est vendu à un marchand de biens, M. Lemonnier, avant de subir un incendie en 1956 détruisant partiellement l’aile droite. Les douves du XVIe siècle, larges de 14 mètres, sont restaurées en 1960, et des travaux de sauvetage se succèdent sous différents propriétaires, dont Mme Geneviève Milan (à partir de 1980) et Françoise et Henri-Jean Anglade-Bosc (à partir de 2001), qui entreprennent des rénovations majeures pour préserver ce patrimoine.
Inscrit aux Monuments historiques depuis 2006, le château de Lévaré conserve des éléments remarquables : un fragment de vitrail médiéval représentant Jésus devant Hérode, des douves et vestiges défensifs (tours, ancien pont-levis), ainsi qu’une chapelle et un jardin potager clos de murs. Son architecture, bien que remaniée, reflète les évolutions stylistiques de la Mayenne, entre héritage féodal et adaptations des XVIIe et XVIIIe siècles.