Origine et histoire du Château de Long
Le château de Long, surnommé la « Folie de Buissy », fut édifié au XVIIIe siècle par Honoré-Charles de Buissy, seigneur local, sur les plans de l’architecte Charles-Étienne Briseux, s’inspirant de son recueil L’Art de bâtir les maisons de campagne (1743). À l’origine, une forteresse médiévale contrôlait le passage sur la Somme, comme au Catelet. Le château actuel, en brique rose et pierre blanche, remplace cette structure défensive. À la mort de Buissy en 1762, son fils Pierre de Buissy acheva les décors intérieurs, dont les boiseries ornées par Jean-Baptiste Huet, partiellement vendues aux États-Unis avant d’être rachetées pour le Musée de l’Hôtel de Berny à Amiens.
Au XIXe siècle, le château changea plusieurs fois de mains. En 1871, Octave de Rouvroy et son épouse Marie de Chabenat de Bonneuil l’acquirent ; leurs armes ornent encore la façade. Leur fils René de Rouvroy, héritier mineur en 1882, épousa en 1894 Hélène de Francqueville d’Abancourt, dont la fortune permit l’entretien du domaine jusqu’à la Première Guerre mondiale. Ruinés par le conflit, les Rouvroy vendirent le château en 1916 au comte Gaétan de Panévinon de Marsat, dont la fille Françoise, comtesse de Méhérenc, l’abandonna dans les années 1930.
Sauvé de la ruine en 1964 par l’industriel Roger Van Glabeke, le château fut restauré et obtint le Grand Prix Chefs-d’œuvre en péril. Revendu en 1999, il reste une propriété privée ouverte à la visite. Son parc de 20 hectares, agrémenté d’étangs, de serres du XIXe siècle et d’un colombier octogonal, témoigne de son faste passé. Les communs, avec leur porte monumentale à fronton triangulaire, complètent cet ensemble classé Monument Historique depuis 1944 et 2003.
Architecturalement, le corps de logis à mansardes présente trois avant-corps sculptés, une clé de porte ornée d’un masque symbolisant la force, et une façade orientale plus sobre. Le parc, mêlant jardins « à la française » et espaces boisés, abrite des statues, un lavoir, et des serres abritant rosiers, bougainvilliers et agrumes. Le colombier du XVIIIe siècle, en brique et pierre, rappelle l’ancienne vocation seigneuriale du domaine.