Frise chronologique
1223
Premier seigneur connu
Premier seigneur connu
1223 (≈ 1223)
Sigomon de La Forest cité.
XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Maison forte édifiée par les La Forest.
1392
Passage aux Chevelu
Passage aux Chevelu
1392 (≈ 1392)
Inféodation par Amédée VIII.
1563
Érection en baronnie
Érection en baronnie
1563 (≈ 1563)
Titre accordé aux Mareste.
1654
Élevation en marquisat
Élevation en marquisat
1654 (≈ 1654)
Louis de Mareste marquis.
1794
Démantèlement révolutionnaire
Démantèlement révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
Destruction des tours.
1816-1817
Achat par Benoît de Boigne
Achat par Benoît de Boigne
1816-1817 (≈ 1817)
Restauration style Renaissance.
1941
Classement d'objets antiques
Classement d'objets antiques
1941 (≈ 1941)
Autel mithraïque et artefacts.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Sigomon de La Forest - Premier seigneur de Lucey |
Familier des comtes de Savoie (1223). |
| Louis de Chevelu - Conseiller d'Amédée VIII |
Agrandit le château (XVe siècle). |
| Claude de Mareste - Premier baron de Lucey |
Titre obtenu en 1563. |
| Louis de Mareste - Premier marquis de Lucey |
Titre accordé en 1654. |
| Benoît de Boigne - Général et bienfaiteur |
Restaure le château (XIXe siècle). |
| Jean-Baptiste Morel - Industriel et archéologue |
Propriétaire au XXe siècle. |
Origine et histoire
Le château de Lucey, anciennement appelé Loyssey ou château de Boigne, est une maison forte édifiée au XIIIe siècle sur les marches du Bugey Savoyard. Transformé au XIXe siècle, il fut le cœur d’une seigneurie élevée en baronnie (1563) puis en marquisat (1654). Son emplacement stratégique, dominant la plaine du Rhône et le bourg de Lucey, reflète son importance historique dans le comté de Savoie. Le site, bâti sur des vestiges romains, appartenait à la puissante famille de La Forest de Lucey, dont le premier seigneur connu, Sigomon, est cité dès 1223 comme familier des comtes de Savoie.
La seigneurie de Lucey, incluant droits de péage, moulins et terres, passa aux mains des Chevelu au XIVe siècle par héritage, après l’extinction de la lignée des La Forest. Les Chevelu, alliés aux ducs de Savoie, agrandirent le château au XVe siècle, comme en témoignent les lettres patentes d’Amédée VIII autorisant Louis de Chevelu à lever des hommes pour les travaux. La famille de Mareste succéda aux Chevelu en 1513, et Claude de Mareste fut élevé au rang de baron en 1563, puis de marquis en 1654 par Charles-Emmanuel II. Le château, théâtre de réjouissances nobles, fut démantelé en 1794 pendant la Révolution.
Au XIXe siècle, le général Benoît de Boigne, figure emblématique de Savoie, acquit le domaine et entreprit des restaurations dans un style Renaissance, ajoutant un avant-corps orné de ses armes. Les intérieurs conservent des peintures murales du XVIIe siècle, tandis que l’extérieur ne garde qu’une partie de la façade sud médiévale. Une cascade, autrefois élément défensif et moteur de moulins, complète l’ensemble. Le château, classé pour ses objets antiques (autel mithraïque, plaque funéraire gallo-romaine), accueille aujourd’hui des événements culturels comme le festival BatÔJazz.
Les fouilles ont révélé des artefacts gallo-romains, dont un autel dédié à Mithra (IIIe siècle) et un poids dédié à Mercure, confirmant l’occupation ancienne du site. La famille de Boigne, puis les Morel et de Camaret, se succédèrent comme propriétaires jusqu’au XXIe siècle. Le château, symbole du petit Bugey, illustre les transformations architecturales et sociales de la Savoie, des seigneurs médiévaux aux bienfaiteurs modernes.
La Révolution française marqua un tournant avec la destruction partielle du château en 1794, sur ordre du représentant Albitte. Les tours furent abattues, et les pierres réutilisées. Au XXe siècle, Jean-Baptiste Morel, industriel et archéologue, puis ses descendants, préservèrent le site. Aujourd’hui, le château de Lucey, entre patrimoine médiéval et héritage du XIXe siècle, reste un témoin des dynamiques nobles et des mutations politiques de la Savoie, tout en s’ouvrant à la culture contemporaine.