Frise chronologique
1374
Renforcement par Jean de Vienne
Renforcement par Jean de Vienne
1374 (≈ 1374)
Intégration au plan de défense côtier.
XIVe siècle
Construction du château primitif
Construction du château primitif
XIVe siècle (≈ 1450)
Caves voûtées encore visibles aujourd’hui.
Fin XVIe siècle
Travaux de la famille Saint-Simon
Travaux de la famille Saint-Simon
Fin XVIe siècle (≈ 1695)
Armoiries sculptées et modifications majeures.
Seconde moitié XVIIe siècle
Rénovation bastionnée à la Vauban
Rénovation bastionnée à la Vauban
Seconde moitié XVIIe siècle (≈ 1775)
Ajout de plates-formes et échauguettes.
1944
Quartier général américain
Quartier général américain
1944 (≈ 1944)
90e division pendant la Bataille de Normandie.
1975 et 1998
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1975 et 1998 (≈ 1998)
Protection des façades, douves et jardins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château et des communs ; douves avec leur pont et balustres qui les entourent (cad. A 162, 165, 168) : inscription par arrêté du 5 mai 1975 - Jardin bastionné du château : l'assiette de la plate-forme bastionnée, à l'exception des bâtiments et des douves avec leur pont et leurs balustres déjà protégés ; les deux portails et les trois bassins ; l'avant-cour avec ses murs ; le mur d'entrée, avec ses deux tours ; l'assiette de l'avenue d'accès (cad. A 159, 163 à 165, 167, 169) : inscription par arrêté du 11 février 1998
Personnages clés
| Jean de Vienne - Amiral de Charles V |
Renforce la place en 1374. |
| Jean d'Arclais - Seigneur de Montboscq |
Capitaine du château en 1410. |
| Famille de Saint-Simon - Propriétaires (XVe-XIXe siècles) |
Travaux et armoiries conservées. |
| François-René de Chateaubriand - Écrivain |
A séjourné vers 1800. |
| Général Landrum - Commandant de la 90e division US |
Poste de commandement en 1944. |
| Comte Jean d'Aigneaux - Propriétaire actuel |
Famille détentrice depuis le XXe siècle. |
Origine et histoire
Le château de Plain-Marais est une ancienne demeure fortifiée édifiée entre le XVe et le XVIIe siècle, succédant à un édifice du XIVe siècle. Situé dans le Cotentin, sur une colline surplombant les marais et la Douve à Beuzeville-la-Bastille (Manche), il était un point stratégique pour surveiller les marais et la navigation. Son emplacement dominant, à 26 mètres d'altitude, offrait une vue sur le château de l'Isle-Marie, distant de 1,9 km, avec lequel il partageait cette fonction défensive.
À l’origine, le site abritait un camp romain contrôlant la voie entre Bayeux et Portbail. Au Moyen Âge, une maison forte entourée de murailles et de fossés secs – se remplissant lors des inondations – prit le relais. La place, intégrée au « plan de défenses des côtes » en 1374 sous Jean de Vienne, fut âprement disputée pendant l’occupation anglaise du XVe siècle. Les capitaines successifs, comme Jean d'Arclais (1410) ou Jean de Talbot (1429), en firent un bastion clé relevant de la châtellenie de Varenguebec.
La famille de Saint-Simon, propriétaire des XVe au XIXe siècle, entreprit d’importants travaux à la fin du XVIe siècle, comme en témoignent leurs armoiries sculptées. Un acte de 1493 atteste d’un mariage entre Philippe Simon, seigneur de Plain-Marais, et Catherine de Houteville. Au XVIIe siècle, le château fut entièrement remanié et bastionné « à la Vauban », avec des ouvrages carrés aux angles permettant des tirs d’enfilade. Les fossés, larges de 10 mètres, furent conservés, tandis qu’un pont fixe remplaça le pont-levis.
Le logis principal, datant probablement du XVIIe siècle, s’élève sur un étage et est flanqué de deux tours polygonales plus anciennes. La chapelle, toujours utilisée par la famille actuelle (d’Aigneaux), et les souterrains – dont l’un mène à la Douve – rappellent son passé défensif. Pendant la Révolution, la marquise Andrée Louise Aimée de Thiboutot, épouse du propriétaire Olivier Le Clerc de Juigné, y échappa aux républicains. Le château servit aussi de poste de commandement à la 90e division américaine en juin-juillet 1944.
Aujourd’hui propriété de la famille d’Aigneaux, le château conserve des éléments médiévaux (archères, douves, caves voûtées) et des aménagements classiques (jardin bastionné avec bassins et statues). Partiellement inscrit aux monuments historiques (1975 et 1998), il se visite sur rendez-vous de mai à septembre. Une légende évoque un souterrain reliant Plain-Marais au château de l’Isle-Marie, bien que cela soit peu probable.
Parmi les figures marquantes, Chateaubriand aurait séjourné au château vers 1800 pour écrire une partie de ses Mémoires d’outre-tombe, lors d’une visite à sa nièce, épouse du propriétaire Alfred de Beaufort. Les traces romanes, médiévales et modernes font de ce site un témoin multiséculaire de l’histoire normande, des conflits anglo-français aux occupations militaires du XXe siècle.