Origine et histoire du Château de Pontécoulant
Le château de Pontécoulant, situé dans le Calvados en Normandie, trouve ses origines au XVIe siècle comme maison forte appartenant à la famille Le Doulcet de Pontécoulant. Ce premier logis, partiellement détruit en 1562 par les protestants, fut reconstruit et agrandi au fil des siècles. Au XVIIe siècle, le manoir fut prolongé d’un tiers vers le sud, tandis que des pavillons symétriques (garde-chasse et jardinier) et un colombier furent ajoutés, reflétant les privilèges nobiliaires. La façade est fut entièrement reconstruite vers 1777, modernisant l’aile centrale et les logements annexes, tandis que les intérieurs (salon, salle à manger) furent redessinés dans un style plus élégant.
La famille Le Doulcet de Pontécoulant, établie sur place depuis le XVIe siècle, marqua l’histoire du domaine par ses alliances et son train de vie dispendieux. Au XIXe siècle, Léon-Armand Doulcet dut vendre une partie des terres et du mobilier pour financer la restauration du château. Sans héritiers directs, Marie Augustine Le Doulcet, épouse du diplomate Edmond de Barrère, légua le domaine au département du Calvados en 1908, qui le transforma en musée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château fut brièvement occupé par les Allemands, accueillant même le maréchal Rommel une nuit.
Le parc, classé parmi les jardins remarquables, allie éléments paysagers (pièce d’eau, cascade, glacière) et aménagements structurés (allées, terrasses). Créé au XVIIIe siècle comme résidence d’été pour la famille — alors divisée entre Caen et Paris —, il fut transformé en parc à l’anglaise au XIXe siècle. Le château, inscrit aux monuments historiques en 1927, conserve des traces de son évolution architecturale : tours à dômes, façades en moellons de schiste, et encadrements de granite. Son colombier, symbole de noblesse, et les pavillons d’entrée soulignent son statut de domaine seigneurial.
Plusieurs personnalités y sont liées, dont Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant (1764–1853), homme politique ayant traversé les régimes de Louis XV à Napoléon III, et son fils Louis Adolphe, comte de Pontécoulant, militaire et musicologue. Un autre membre, Philippe Gustave (1795–1874), astronome, donna son nom à un cratère lunaire. Plus tard, l’écrivain Pierre Bellemare (1929–2018) y vécut enfant en 1939, évoquant ce séjour dans ses mémoires. Le domaine, aujourd’hui propriété départementale, abrite un musée et un site classé depuis 1919.