Origine et histoire du Château de Rives
Le prieuré de Montjoux, localement appelé château de Rives, est un ancien établissement religieux fondé au XIVe siècle à Rives-sous-Thonon, sur la commune de Thonon-les-Bains. Initialement confondu avec une maison forte voisine construite par la famille de Greysier, il fut longtemps considéré à tort comme un château. Les chanoines réguliers de saint Augustin y résidèrent jusqu’au XVIIIe siècle, avant que le site ne soit nationalisé pendant la Révolution française et transformé en lieu industriel (tannerie, poterie).
La confusion historique entre le prieuré et la maison forte remonte aux travaux de l’abbé Louis-Étienne Piccard (1880), qui affirmait que le site avait été acquis par les prévôts du Grand-Saint-Bernard au XVe siècle pour se rapprocher de la maison de Savoie. Des recherches récentes ont cependant établi que les deux bâtiments, bien que contemporains, étaient distincts : le prieuré, mentionné dès 1386, était un assemblage de maisons achetées par les chanoines à partir de 1321, tandis que la maison forte, citée jusqu’en 1487, disparut progressivement des archives.
Au XVIIe siècle, la maison forte était déjà en ruines, ne laissant subsister que la tour des langues. Le prieuré, quant à lui, fut transféré en 1752 à l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare avant d’être vendu en 1791. Au XIXe siècle, le site abritait des activités industrielles, puis redevint une résidence privée en 1920. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut réquisitionné par les troupes allemandes, puis le lieu d’un attentat contre Henri Brun, ex-commandant du GMR Île-de-France, le 2 novembre 1944.
Classé partiellement aux monuments historiques en 1932 (façades, toitures, cour et portail), le château de Rives fut cédé à la ville de Thonon en 1999. Depuis, il accueille le musée municipal, mettant en valeur son histoire complexe, entre patrimoine religieux, militaire et industriel. La tour des langues, dernier vestige de la maison forte, témoigne encore aujourd’hui de cette dualité architecturale et historique.