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Château de Rustéphan à Pont-Aven dans le Finistère

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Manoir
Finistère

Château de Rustéphan

    1155 Rustephan
    29930 Pont-Aven
Propriété privée
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Château de Rustéphan
Crédit photo : Eugène Lefèvre-Pontalis (1862–1923) Autres noms No - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1137
Mort d'Étienne de Penthièvre
vers 1480
Construction par Jean du Fou
1492
Mariage de Renée du Fou
1798
Vente comme bien national
10 mai 1926
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Rustéphan, à Nizon (cad. C 279) ) : inscription par arrêté du 10 mai 1926

Personnages clés

Étienne de Penthièvre - Comte de Penthièvre Fils du duc de Bretagne, fondateur supposé.
Jean II du Fou - Grand échanson de France Commanditaire du manoir vers 1480.
Renée du Fou - Héritière de Rustéphan Épouse de Louis III de Rohan-Guémené.
Geneviève du Faou - Figure légendaire Héroïne de la *gwerz* bretonne.
Jacques Cambry - Voyageur et écrivain Décrit les ruines en 1795.

Origine et histoire

Le château de Rustéphan, situé près de Pont-Aven dans l’ancienne commune de Nizon (Finistère), est un manoir des XVe et XVIe siècles aujourd’hui en ruine. Bâti vers 1480 par Jean II du Fou, grand échanson de France et chambellan de Louis XI, il remplace un premier château médiéval attribué à Étienne, comte de Penthièvre (XIIe siècle). Son nom breton, Rustéphan (« château d’Étienne »), évoque cette origine. Les vestiges actuels, classés en 1926, incluent une tour d’escalier monumentale et un mur pignon orné de cheminées gothiques, témoins d’un corps de logis rectangulaire de 34 mètres de long.

Selon la tradition, le site était un pavillon de chasse des ducs de Bretagne, exploitant les forêts giboyeuses de Nizon. Blanche de Castille en fut propriétaire au XIIIe siècle. Au XVIe siècle, le manoir passe par alliance aux Rohan-Guémené, puis par vente aux familles Guer de Pontcallec et La Pierre. Vendue comme bien national en 1798, la ruine sert de carrière de pierres : les paysans démantèlent méthodiquement les façades pour construire des granges, malgré les protestations des sociétés archéologiques au XIXe siècle. En 1887, l’effondrement de la façade accélère sa dégradation.

Le château est célèbre pour ses légendes, dont celle de Geneviève du Faou et Yannick Le Flecher, inspirée d’une gwerz bretonne collectée par La Villemarqué. Cette histoire tragique d’un amour interdit entre une noble et un roturier, contraint à la prêtrise, hante encore les ruines. Les descriptions du XIXe siècle (Cambry, Girardet) soulignent son état remarquable avant les destructions : escaliers de granite monolithe, salles voûtées de 20 mètres de haut, et une façade couverte de lierre centenaire. Aujourd’hui, seuls deux pans muraux de 20 mètres subsistent, cernés par la végétation.

Classé monument historique en 1926, le site reste interdit au public en raison des risques d’éboulement. Les vestiges — tourelle en cul-de-lampe, fenêtres à meneaux, porte en plein cintre — témoignent d’une architecture hybride, mêlant robustesse militaire (murs d’1 mètre d’épaisseur) et raffinement gothique (ornements sculptés, stucs intérieurs). Les matériaux, comme le ciment ultra-résistant des tourelles, contrastent avec la fragilité des mortiers utilisés ailleurs, expliquant en partie sa ruine progressive.

Les sources archéologiques et littéraires (Menpès, Benoist) décrivent un édifice triangulaire à trois tourelles, entouré d’un bois de bouleaux. La légende du prêtre fantôme, lié à la malédiction de Geneviève, s’inscrit dans le folklore breton des anaon (âmes errantes). Ces récits, popularisés au XIXe siècle, ont contribué à la postérité romantique du site, malgré son déclin physique. Les pierres dispersées dans les fermes voisines rappellent son sort commun à de nombreux monuments sous la Révolution.

Liens externes