Crédit photo : photography taken by Christophe.Finot - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
980
Fondation du rendez-vous de chasse
Fondation du rendez-vous de chasse
980 (≈ 980)
Construction par Héribert, évêque d'Auxerre.
1450
Acquisition par Jacques Cœur
Acquisition par Jacques Cœur
1450 (≈ 1450)
Achat avant sa disgrâce en 1453.
1467-1488
Reconstruction par Antoine de Chabannes
Reconstruction par Antoine de Chabannes
1467-1488 (≈ 1478)
Ajout de la grosse tour et modernisation.
1542
Érection en comté
Érection en comté
1542 (≈ 1542)
Par Henri III pour Nicolas d'Anjou-Mézières.
1652-1657
Travaux de la Grande Mademoiselle
Travaux de la Grande Mademoiselle
1652-1657 (≈ 1655)
Rénovation des façades par François Le Vau.
1752 et 1853
Incendies majeurs
Incendies majeurs
1752 et 1853 (≈ 1853)
Destruction partielle des intérieurs historiques.
1949
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1949 (≈ 1949)
Protection des façades, toitures et parc.
1979
Rachat par Michel Guyot
Rachat par Michel Guyot
1979 (≈ 1979)
Début des restaurations et animations culturelles.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 30 octobre 1925 ; Les façades et toitures des communs : inscription par arrêté du 5 janvier 1949 ; Les façades extérieures et sur cour ainsi que les toitures, les douves et le parc : classement par arrêté du 5 mai 1949
Personnages clés
| Héribert - Évêque d'Auxerre |
Fonda le rendez-vous de chasse en 980. |
| Jacques Cœur - Grand argentier de France |
Propriétaire en 1450 avant spoliation. |
| Antoine de Chabannes - Comte de Dammartin |
Reconstruit le château (1467-1488). |
| Anne-Marie-Louise d'Orléans (Grande Mademoiselle) - Duchesse de Montpensier |
Exilée ici, rénova les façades (1653-1657). |
| Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau - Conventionnel régicide |
Vota la mort de Louis XVI, enterré dans la chapelle. |
| Jean d'Ormesson - Écrivain académicien |
S'inspira du château pour *Au plaisir de Dieu*. |
| Michel Guyot - Propriétaire-restaurateur |
Acheta et restaura le château en 1979. |
Origine et histoire
Le château de Saint-Fargeau trouve ses origines au Xe siècle, lorsque Héribert, évêque d'Auxerre et frère d'Hugues Capet, y érigea un rendez-vous de chasse fortifié en 980. Ce site devint une seigneurie au XIe siècle, détenue par la famille de Toucy, dont plusieurs membres participèrent aux croisades. En 1450, Jacques Cœur, grand argentier du royaume, en fit l'acquisition avant d'être spolié par le roi Charles VII. Le château fut reconstruit entre 1467 et 1488 par Antoine de Chabannes, qui y ajouta une imposante tour et modernisa ses défenses.
Au XVIe siècle, le château devint un comté puis un duché-pairie sous Henri III, passant entre les mains des familles d'Anjou-Mézières et de Bourbon-Montpensier. Au XVIIe siècle, il fut la résidence d'exil d'Anne-Marie-Louise d'Orléans, dite la « Grande Mademoiselle », cousine de Louis XIV, qui y entreprit d'importants travaux d'embellissement sous la direction de l'architecte François Le Vau. Son héritage architectural, marqué par son monogramme (AMLO), subsiste partiellement malgré les destructions révolutionnaires.
Le château changea plusieurs fois de mains aux XVIIIe et XIXe siècles, notamment entre les familles Le Peletier, Crozat et Boisgelin. Il subit deux incendies majeurs, en 1752 et 1853, qui détruisirent une partie de ses intérieurs, dont les appartements de la Grande Mademoiselle. Au XXe siècle, après avoir appartenu à la famille d'Ormesson, il fut vendu en 1979 à Michel Guyot, qui entreprit une restauration complète et y organisa un célèbre spectacle son et lumière, perpétuant son rayonnement culturel.
L'architecture du château, de plan pentagonal irrégulier, est marquée par six tours d'artillerie en briques roses, dont cinq surmontées de lanternons inspirés de Chambord. Ses intérieurs, partiellement préservés, abritent des portraits historiques, comme ceux de Louis XIV et de la Grande Mademoiselle, ainsi qu'une chapelle funéraire où repose Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, conventionnel régicide. Le parc, remanié à l'anglaise au début du XIXe siècle, complète ce patrimoine classé Monument Historique depuis 1949.
Le château de Saint-Fargeau a également inspiré la littérature, notamment Jean d'Ormesson, qui y situa son roman Au plaisir de Dieu. Il sert aujourd'hui de cadre à des visites, des événements culturels et des tournages, tout en proposant des chambres d'hôtes dans ses appartements historiques restaurés. Son spectacle son et lumière, retracant mille ans d'histoire, attire chaque année des milliers de visiteurs.