Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Sallenôves en Haute-Savoie

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Maison forte

Château de Sallenôves

    Chemin du Château
    74270 Sallenôves
Propriété privée
Château de Sallenôves
Château de Sallenôves
Château de Sallenôves
Crédit photo : Semnoz sur Wikipédia français - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1900
2000
1160
Première mention des Sallenove
1275
Hommage au comte de Genève
1365
Visite de Charles IV
1519
Modernisation Renaissance
1536
Résistance à François Ier
1589
Négociations savoyardo-bernises
17 avril 1931
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château : inscription par arrêté du 17 avril 1931

Personnages clés

Guillaume de Sallenove - Ancêtre de la lignée Premier membre connu en 1160.
Aimon de Sallenove - Seigneur médiéval Rend hommage au comte de Genève en 1275.
Alexandre de Sallenove - Conseiller ducal et défenseur Modernise le château et résiste en 1536.
Charles IV de Luxembourg - Empereur en visite Accueilli en 1365 après son couronnement.
Émile Schurch - Restaurateur du XXe siècle Acquiert et restaure le château en 1930.

Origine et histoire

Le château de Sallenôves, parfois orthographié Sallenove, est une ancienne maison forte édifiée au XIIe siècle, puis profondément transformée aux XIVe–XVe siècles. Situé sur un éperon rocheux à 400 mètres d’altitude, il surplombe le confluent des vallées des Petites et Grandes Usses, près de Marlioz (Haute-Savoie). À l’époque médiévale, ce site contrôlait un passage à gué stratégique sur une voie reliant Genève à Seyssel, générant des revenus via des péages. Son pendant, la maison forte de Marlioz, surveillait les Grandes Usses, renforçant son rôle défensif et économique.

À l’origine propriété de la famille de Sallenove, vassale des comtes de Genève, le château est mentionné dès 1160 avec Guillaume, qualifié de miles de aula nova. En 1275, Aimon de Sallenove en rend hommage au comte Aymon II de Genève. Le site accueille des figures historiques, comme l’empereur Charles IV de Luxembourg en 1365, de retour de son couronnement à Arles. Au XVIe siècle, Alexandre de Sallenove, conseiller du duc Charles III de Savoie, modernise le château et y résiste à l’invasion française de 1536 sous François Ier. Le monument devient aussi un lieu diplomatique, abritant en 1589 des négociations entre la Savoie et les Bernois.

Architecturalement, le château combine des éléments médiévaux et Renaissance. La Tour de César, partie la plus ancienne (XIIIe siècle), domine une enceinte protégée par des fossés secs et une porte bastionnée aux armes des Sallenove. Une chapelle gothique dédiée à Sainte-Catherine, une cuisine, et des logis flanqués de tours (Tour salle, Tour du carré) témoignent de son évolution. La chambre du Diable, salle réputée hantée par un spectre de cheval armé, ajoute une dimension légendaire au site. Après des restaurations au XXe siècle, le château, classé Monument Historique en 1931, reste propriété privée.

Le déclin stratégique du château commence au XVIIe siècle, lorsque ses propriétaires privilégient le château de Marlioz, rénové en 1673. Les familles se succèdent (Malivers, Pingon, La Prunarède) jusqu’à son acquisition en 1873 par Jean Daudens de Marlioz, puis en 1930 par Émile Schurch, qui entreprend sa restauration. Aujourd’hui, le site conserve des traces de son passé militaire (canonnières, mâchicoulis) et seigneurial (colombier, galerie Renaissance), tout en incarnant les rivalités géopolitiques entre Savoie, Genève et France.

Son histoire reflète les enjeux du Genevois médiéval : contrôle des axes commerciaux, alliances féodales et conflits frontaliers. Le château illustre aussi l’adaptation architecturale des maisons fortes savoyardes, passant du donjon roman à une résidence Renaissance, avant de devenir un symbole patrimonial local. La légende du spectre équestre, unique en Haute-Savoie, renforce son mystère.

Liens externes