Origine et histoire du Château de Villeconin
Le château de Villeconin, aussi appelé Manoir des Ardenelles, trouve ses origines à la fin du XIVe siècle, lorsque Gérard de Montaigu, proche du roi Charles V, acquiert en 1372 le domaine pour en faire un manoir. Ce dernier, enrichi par les faveurs royales, épouse Biette de Cassinel, ancienne maîtresse de Charles V, et transforme une simple exploitation agricole en résidence seigneuriale. Leur fils Jean de Montagu, né vers 1350 ou 1363, hérite du domaine en 1391 et l’agrandit : il construit la salle des gardes, creuse les douves, et relie le château au donjon de La Grange par un souterrain. Nommé surintendant des Finances sous Charles VI, il est cependant exécuté en 1409 sur ordre de Jean sans Peur, entraînant la confiscation de ses biens.
Au XVIe siècle, le château passe aux mains de la famille de Cochefilet, qui le modernise en supprimant le pont-levis et en perçant des fenêtres pour en faire une résidence de plaisance. Rachel de Cochefilet, fille du propriétaire, épouse Sully, tandis que leur descendante Charlotte-Elisabeth se marie dans la famille de Rohan-Guémené. Le domaine change plusieurs fois de mains : acheté par Pierre Mérault au XVIIe siècle, il est vendu aux d’Ornaison, puis aux Talaru. Pendant la Révolution, le marquis de Talaru est guillotiné en 1794, et le château, devenu bien national, est transformé en ferme.
Au XXe siècle, le manoir est inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1926, puis racheté en 1932 par Henry de Jouvencel, qui entreprend sa restauration. Depuis 1973, la famille de Longevialle, héritière des Jouvencel, ouvre le château au public. Aujourd’hui, le domaine conserve des éléments médiévaux (douves, donjon, tour) et Renaissance, tout en proposant des visites payantes, notamment lors des Journées du patrimoine. Le site reste un témoignage des transformations architecturales et sociales sur six siècles.