Frise chronologique
1320
Première mention médiévale
Première mention médiévale
1320 (≈ 1320)
Farme appelée « villam externam » dans un titre de Saint-Denis.
1548
Transformation en demeure seigneuriale
Transformation en demeure seigneuriale
1548 (≈ 1548)
Achat par Pierre Habert, ajout de tourelles et pont-levis.
1634
Érection en fief royal
Érection en fief royal
1634 (≈ 1634)
Ordonnance de Louis XIII pour Isaac Habert.
1715
Rebâtiment par Pomponne de Mirey
Rebâtiment par Pomponne de Mirey
1715 (≈ 1715)
Création du manoir et du parc actuel.
1778
Achat par Nicolas Lenoir
Achat par Nicolas Lenoir
1778 (≈ 1778)
Morcèlement et ouverture de la rue de l’Arcade.
1856
Création du collège Sainte-Marie
Création du collège Sainte-Marie
1856 (≈ 1856)
École religieuse avant transfert à Neuilly en 1867.
1949
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1949 (≈ 1949)
Protection des façades et toitures.
1954
Accueil de sans-logis par l’abbé Pierre
Accueil de sans-logis par l’abbé Pierre
1954 (≈ 1954)
Utilisation des parquets comme combustible.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures : inscription par arrêté du 13 juin 1949
Personnages clés
| Pierre Habert - Valet de chambre et secrétaire du roi |
Transforme la ferme en château (1548). |
| Pomponne de Mirey - Secrétaire du roi et trésorier |
Rebâtit le château en 1715. |
| Nicolas Lenoir - Architecte et entrepreneur |
Morcelle la propriété et ouvre la rue Bayen (1781). |
| Louis-François de Galliffet - Seigneur et collectionneur |
Propriétaire en 1771, héritier de multiples seigneuries. |
| Jean-Antoine Chaptal - Industriel et chimiste |
Propriétaire d’une usine chimique voisine (an VI). |
| Abbé Pierre - Prêtre et humaniste |
Accueille des sans-logis en 1954. |
Origine et histoire
Le château des Ternes trouve ses origines au Moyen Âge, mentionné pour la première fois en 1320 sous le nom de « villam externam », une ferme située entre le Roule et le bois de Boulogne, sur la paroisse de Villiers-la-Garenne. Durant la guerre de Cent Ans, la ferme, alors appelée ferme de l'Esterne, est reconstruite et fortifiée par Pierre Jourdaing, qui l’entoure de murailles. Ce site devient un enjeu seigneurial, disputé entre le seigneur de Clichy et l’abbaye de Saint-Denis, avec pour limite l’actuelle rue Laugier.
En 1548, Pierre Habert, valet de chambre et secrétaire du roi, achète la ferme et la transforme en demeure seigneuriale, ajoutant deux tourelles et un pont-levis. Son petit-fils, Isaac Habert, obtient en 1634 l’érection du domaine en fief par Louis XIII. À la fin du XVIIe siècle, le lieu compte cinq maisons, dont trois forment le château. En 1715, Pomponne de Mirey, secrétaire du roi, rachète et rebâtit entièrement le château sous sa forme actuelle, supprimant fossés et pont-levis pour créer un manoir entouré d’un parc.
Au XVIIIe siècle, le château change plusieurs fois de mains : vendu en 1740 à Pierre Grégoire Masse, puis en 1771 à Louis-François de Galliffet, il est finalement acquis en 1778 par Joseph Normand, prête-nom de l’architecte Nicolas Lenoir. Ce dernier morcelle la propriété, ouvre la rue de l’Arcade (future rue Bayen) en traversant le château, et vend des parcelles. Le site abrite aussi une manufacture de fers antirouille, puis une poudrerie sous la Révolution. Au XIXe siècle, le château devient un collège religieux avant d’être partiellement détruit et transformé en crèche municipale au XXe siècle.
Le château des Ternes est inscrit aux monuments historiques en 1928, radié en 1931, puis réinscrit en 1949 pour ses façades et toitures. Son architecture classique, marquée par un avant-corps central et des ailes en retrait, porte les traces des transformations de Lenoir, notamment la rue traversant l’édifice. Aujourd’hui propriété de la Ville de Paris, il abrite une crèche et témoigne des métamorphoses d’un lieu passé de ferme médiévale à résidence aristocratique, puis à équipement public.
L’histoire du château est aussi liée à des figures comme l’abbé Pierre, qui y accueille des sans-logis en 1954, ou le général Dupont de l’Étang, propriétaire au début du XIXe siècle. Les archives mentionnent également des industriels comme Jean-Antoine Chaptal, dont l’usine chimique voisine, active au début du XIXe siècle, employait 150 ouvriers sur un terrain de quatre hectares. Ces activités industrielles, couplées à l’urbanisation parisienne, ont progressivement intégré le hameau des Ternes à la capitale.
Devenir actuel
Les bâtiments furent déclarés d'utilité publique en 1956 et devinrent successivement propriété de l'Assistance publique, puis de la ville de Paris.