Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification par Jean du Saix (hypothèse)
1597
Vente à Antoine Saultier
Vente à Antoine Saultier
1597 (≈ 1597)
Changement de propriétaire militaire
1626
Monastère des Bernardines
Monastère des Bernardines
1626 (≈ 1626)
Transformation religieuse éphémère
XVIe siècle
Première mention écrite
Première mention écrite
XVIe siècle (≈ 1650)
Possession des Genève-Lullin
1896-1901
Restauration par les Arestan
Restauration par les Arestan
1896-1901 (≈ 1899)
Modernisation du château
1944
Inscription Monument Historique
Inscription Monument Historique
1944 (≈ 1944)
Protection du donjon
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean du Saix - Fondateur présumé |
Damoiseau du XIIe siècle |
| François-Prosper de Genève-Lullin - Propriétaire au XVIe siècle |
Compagnon du duc de Savoie |
| Louise Perrucard de Ballon - Supérieure des Bernardines |
Transforme le château en monastère |
| Claude-Auguste Arestan - Restaurateur fin XIXe |
Rachat et modernisation |
Origine et histoire
Le château du Saix, aussi appelé Saix de La Roche, est une maison forte édifiée au XIIe siècle sur un rocher dominant la commune de La Roche-sur-Foron, en Haute-Savoie. Son toponyme, dérivé du latin saxum (« rocher »), reflète sa position stratégique sur le plateau de la Borne. Ce site contrôlait les axes majeurs entre le comté de Genève, la vallée de l’Arve et les villes de Bonneville ou Annemasse, jouant un rôle clé dans les échanges régionaux.
L’origine exacte du château reste incertaine, bien que certains textes évoquent un damoiseau nommé Jean du Saix comme possible fondateur au XIIe siècle, sans preuve formelle. La première mention écrite du Saix n’apparaît qu’au XVIe siècle, lorsqu’il appartient à François-Prosper de Genève-Lullin, un compagnon d’armes du duc Emmanuel-Philibert de Savoie. Ce dernier, issu d’une branche bâtarde des comtes de Genève, marque le début d’une série de changements de propriétaires, reflétant les enjeux politiques et familiaux de la Savoie.
Au fil des siècles, le château passe entre les mains de familles influentes : les Saultier de la Balme (1597), les religieuses Bernardines qui en font un monastère éphémère (1626-1670), puis les Perrucard de Ballon, les Chissé de Pollinges, et enfin les Arestan. Ces derniers, bourgeois de robe établis à La Roche depuis le XVIIe siècle, entreprennent une restauration majeure entre 1896 et 1901, redonnant au Saix son aspect actuel. Le donjon, inscrit aux Monuments Historiques en 1944, témoigne encore de son rôle militaire initial.
Architecturalement, le château se compose d’un donjon quadrangulaire — signe d’une construction antérieure à 1180 — et d’un corps de logis de deux étages, dominés par une terrasse offrant une vue sur la ville. À ses pieds, la porte Saint-Martin, vestige de la première enceinte fortifiée de La Roche, rappelle son intégration dans un système défensif plus large, incluant le château voisin de l’Échelle. Le développement d’un bourg autour de la fortification, dès le XIIIe siècle, illustre son importance économique et stratégique.
Les sources historiques, comme les travaux de Louis Blondel ou Henri Baud, soulignent le rôle du Saix dans l’histoire du Faucigny, entre conflits féodaux et transformations sociales. Aujourd’hui, ce monument incarne cinq siècles de vie militaire, religieuse et seigneuriale, tout en offrant un panorama sur l’évolution urbaine de La Roche-sur-Foron.