Origine et histoire du Château du Touvet
Le château du Touvet, édifié au XIIIe siècle par la famille d'Entremont, était à l'origine une maison forte contrôlant la vallée du Grésivaudan, à la frontière entre le Dauphiné et la Savoie. Il ne reste aujourd'hui qu'un corps de logis médiéval, autrefois appelé château de Qinsonnas, témoignant de son passé défensif. Guigues Guiffrey, archer dans la compagnie du chevalier Bayard, en devient propriétaire en 1528, marquant le début d'une transmission héréditaire ininterrompue depuis plus de 500 ans.
Au XVIIIe siècle, le comte Pierre de Marcieu transforme radicalement le château en demeure de plaisance, y ajoutant un escalier d'eau à l'italienne, des terrasses à la française et des décors intérieurs somptueux, dont une salle ornée de cuir de Cordoue. Les jardins, conçus par Letellier et Potin, mêlent influences italiennes et classicisme français, avec des parterres de buis, des bassins et des jeux d'eau alimentés par le torrent le Bresson. Classés Jardins Remarquables, ils ont été restaurés entre 1997 et 1999 d'après des plans du XVIIIe siècle.
Le château, toujours propriété privée de la famille Pourroy de Lauberivière de Quinsonas-Oudinot (descendante du maréchal Oudinot), est ouvert au public. Classé Monument Historique en 1959 pour ses escaliers d'eau et en 1964 pour l'ensemble du domaine, il illustre l'évolution architecturale d'une forteresse médiévale en résidence aristocratique, tout en conservant des vestiges de ses fortifications d'origine.
Son emplacement stratégique, entre Grenoble et Chambéry, en fit un lieu de pouvoir aux confins du Dauphiné et de la Savoie. Les archives du château révèlent l'ampleur des travaux menés entre 1753 et 1762, incluant la création de huit bassins initialement prévus mais jamais réalisés avant la restauration contemporaine. Les deux platanes encadrant l'escalier d'eau, plantés au XIXe siècle, témoignent des modifications paysagères inspirées par le romantisme.
Aujourd'hui, le domaine allie patrimoine historique et cadre naturel exceptionnel, avec une vue sur les montagnes du Grésivaudan. La décoration intérieure, les vestiges militaires et le parc de 10 hectares, où se mêlent héritage classique et adaptations ultérieures, en font un exemple rare de continuité familiale et architecturale sur plus d'un demi-millénaire.